Vous souffrez de la maladie de Lapeyronie? N’hésitez plus: demandez Xiapex®, en injection

 

Bonjour

« Maladie de Lapeyronie, enfin un traitement ! ». C’est le titre, alléchant, d’un communiqué de presse rédigé avec l’aide du Dr Antoine Faix, chirurgien urologue, responsable du Comité d’andrologie et de médecine sexuelle de l’Association Française d’Urologie (AFU).

Le Dr Faix exerce à la clinique Beau Soleil de Montpellier. Il nous explique que la maladie de Lapeyronie est, à bien y regarder,  « beaucoup plus fréquente qu’on ne le croyait ». « Elle peut obérer de façon majeure la sexualité des hommes qui en sont atteints, dit-il.  Le premier traitement de cette maladie devrait être disponible en France à partir d’octobre. » C’est dire l’importance qu’il y a à en informer la presse généraliste.

Induratio penis plastica

Passé un certain âge on croit tout savoir, ou presque, sur l’entité pathologique décrite pour la première fois par le chirurgien  François Gigot de Lapeyronie (1678-1747) confident de Louis XV. On dit aussi, plus clairement, Induratio penis plastica. Une symptomatologie douloureuse qui ne laisse guère de doutes sur le diagnostic, comme l’expliquent les spécialistes de l’AFU :

« La maladie de Lapeyronie est une pathologie de la verge, définie par une perte d’élasticité des corps caverneux se caractérisant par une courbure de la verge en érection. François Gigot de Lapeyronie (chirurgien de Louis XV) fut le premier à en faire la description scientifique en 1743. La maladie de Lapeyronie est causée par l’infiltration scléreuse du tissu conjonctif séparant les corps caverneux de leur tunique albuginée. Celle-ci prédomine sur la cloison sagittale médiane du pénis.

« Cette maladie a longtemps été considérée comme une maladie vénérienne, gonococcique ou syphilitique et traitée comme telle. C’est en 1828, que George McClellan, pratique la première incision de la plaque « ossifié ». Pendant longtemps, le traitement a été uniquement médical (local ou général), mais le traitement le plus efficace est actuellement la chirurgie (adaptée en fonction de la qualité de l’érection). C’est au XIXe siècle, que M  Physick réalisa le premier redressement de verge selon le procédé qui deviendra plus tard la technique de Nesbit.

« Micro-traumatismes de la verge »

Pour sa part le Dr Faix explique que la fibrose de l’enveloppe du corps caverneux est « probablement consécutive à des micro-traumatismes de la verge survenus lors de rapports sexuels, ou lors d’autres activités ». Il ne précise pas lesquelles. « La déformation est habituellement dorsale, c’est-à-dire que la verge en érection se recourbe vers le ventre, dit-il. Mais elle peut aussi être latérale, ventrale, ou mixte… voire dans certains cas présenter un étranglement et une forme en sablier. Enfin la déformation peut se manifester uniquement par un raccourcissement du pénis. »

Le diagnostic ? Rien de plus simple : il repose sur la palpation de la verge. C’est l’examen le plus fiable et le plus sensible. Même une IRM très pointue peut passer à côté du diagnostic. Les autres examens ne repèrent pas de manière convaincante la maladie. Un conseil : faire (ou faire faire) des photos de sa verge en érection pour les montrer à l’urologue.

La prise en charge sera différente selon le stade auquel la maladie est diagnostiquée, c’est-à-dire avant ou après que la déformation ne soit fixée. De nombreux traitements locaux ont été proposés comme les injections de corticoïdes dans la plaque fibreuse ou celles de vérapamil (inhibiteur calcique). « Ces traitements peuvent apporter un certain bénéfice en matière de douleur ou pour lutter contre la fibrose mais ils n’ont pas d’AMM pour la maladie de Lapeyronie, regrette l’AFU. Disponible aux Etats-Unis mais assez peu en France, l’interféron est aussi utilisé dans cette indication. Des tractions de la verge sont également possibles. Le traitement n’est pas très en vogue en France bien que l’on rapporte 60 % d’amélioration. Cette prise en charge, impose de porter pendant 3 heures, sur une durée d’au moins 6 mois, un extenseur pénien. »

Clostridium histolyticum

Puis, quand la maladie a terminé son évolution (de 18 mois à 2 ans) et que la déformation est fixée, le recours à la chirurgie peut s’imposer. C’est alors que Xiapex ® entre en scène : 66% des patients sont améliorés avec lui  et 15 à 20 degrés de courbure peuvent être gagnés avec ce nouveau traitement. Il s’agit d’une collagénase de Clostridium histolyticum – une enzyme capable de casser la structure du collagène Ecoutons le spécialiste de l’AFU :

« Le Xiapex ® devrait être bientôt disponible en France. Sorti aux Etats-Unis en décembre 2013, et doté d’une AMM européenne depuis décembre 2015, le Xiapex ® s’injecte directement dans la plaque de la verge où il va dissoudre les fibres de collagène. Le Xiapex ® sera le premier médicament doté d’une AMM pour la maladie de Lapeyronie, et ce, à tous les stades d’évolution de celle-ci : avant que la courbure soit fixée, ou après. Il est également proposé avec une AMM pour la maladie de Dupuytren 1.

« Le traitement se déroule à raison de deux injections à deux ou trois jours d’intervalle. Selon l’importance de la fibrose on peut  réaliser de un à quatre cycles à 3 mois d’écart, soit entre deux  et huit  injections au total. Les effets secondaires sont modérés (hématomes et gonflements locaux essentiellement) et transitoires. L’efficacité est dûment documentée. »

L’AFU souligne que le Xiapex ®  n’est pas remboursé par la sécurité sociale. Du moins pas « pour l’instant ». Il reste à connaître le coût du traitement.

A demain

1 Lire ici un document de la HAS concernant cette spécialité dans cette indication : « Avis défavorable au remboursement en raison des incertitudes sur son intérêt clinique et sur sa tolérance »

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