Joggeur trouvé mort dans une vasière bretonne : algues vertes, sangliers et hydrogène sulfuré

 

Bonjour

Rebondissement dans une affaire médico-légale bretonne et sans précédent.  Le parquet de Saint-Brieuc vient d’ordonner  l’exhumation du corps d’un joggeur âgé de 50 ans. L’homme avait été retrouvé mort, le 8 septembre, face contre terre dans une vasière de l’embouchure du Gouessant, petit fleuve côtier qui devient une ria. Nous sommes au cœur  es Côtes-d’Armor.

Dans un premier temps, la police avait avancé une hypothèse : cet homme avait trouvé la mort en tentant de secourir son chien.

Visage dans la vase

Mais la justice n’est pas, heureusement, la police : elle a décidé de rouvrir ce dossier après avoir pris en compte d’autres hypothèses : celles  de certaines associations écologistes selon lesquelles le décès serait lié aux « algues vertes ». Ces associatifs observent que la mort du joggeur s’est produite dans le secteur où trente-six sangliers avaient été retrouvés morts. Nous étions durant l’été 2011, à un moment où les dépôts d’algues vertes étaient importants dans cette zone.

Une chose est étrange dans cette affaire : le corps du joggeur a  été retrouvé allongé face contre terre, le visage dans la vase, et non enlisé jusqu’à la taille – contrairement à ce qui avait été indiqué au préalable. Pourquoi ? « Cet élément nouveau important a donc amené le procureur de la République (…) à ordonner l’exhumation du corps de la victime en vue de son autopsie et d’analyses complémentaires (toxicologiques et anatomopathologiques) », a précisé Bertrand Leclerc, procureur de la République de Saint-Brieuc, dans un communiqué.

Il ajoute toutefois qu’à ce stade de l’enquête « les témoins n’ont pas été alertés, ni visuellement ni olfactivement, par une présence en quantité remarquable d’algues vertes, ni incommodés par des émanations de gaz, notamment les pompiers engagés directement sur la vasière ».

Algues fraîches

La mort des sangliers avait fait grand bruit, il y a cinq ans. Jusqu’à un rapport de l’Anses qui avait mis en avant les fortes présomptions quant aux émissions d’hydrogène sulfuré (H2S) provenant de ces algues en décomposition 1. Depuis, ces dépôts sont moins importants. Officiellement, ils sont rapidement enlevés pour éviter tout danger, car les algues vertes ne sont en rien dangereuses quand elles sont fraîches.

Le Télégramme de Brest s’interroge. Il rappelle que la dangerosité de l’estuaire du Gouessant a été soulignée par trois rapports officiels en 2011.

« L’homme, qui connaissait parfaitement les lieux, s’était engagé dans la vasière pour sauver son chien embourbé. Une enquête pour déterminer les causes du décès est en cours et rien ne permet d’affirmer que l’hydrogène sulfuré est à l’origine de la mort. Mais le lieu de découverte du corps interpelle. Car l’endroit est facilement accessible et sa dangerosité n’est signalée que par deux panneaux, situés à plusieurs centaines de mètres, aux abords des plages de la Grandville, à Hillion, et de Saint-Maurice, à Morieux. Des précautions suffisantes ? »

 A demain

1 « Mortalité de sangliers en Bretagne : l’hypothèse H2S est hautement probable » (Anses, 6 septembre 2011).

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