Déradicalisation au château de Pontourny : quelques pistes pour journalistes d’investigation

 

Bonjour

Nous sommes loin d’en avoir fini avec l’affaire du château de Pontourny, premier « centre français de déraricalisation ». Il y a la question, croustillante, du testament d’essence catholique. Mais il y a aussi bien d’autres pistes, factuelles et symboliques. On les voit dessinée dans La Nouvelle République du Centre Ouest (Patrick Goupil) : « Pontourny : les premiers pensionnaires sont arrivés ».

Il faut ici compter avec  l’association « Radicalement Digne de Pontourny ». Son nom signe les convictions de ses membres qui se réunissent autour d’un concept : « non au centre expérimental de déradicalisation en milieu habité ». « En divulguant le lieu de Pontourny et en le médiatisant à outrance, le gouvernement nous met en danger, écrivent-ils.  Créer un centre de déradicalisation sans en cacher l’adresse c’est  s’exposer aux représailles de DAESH. » Cette association 1901 a pour adresse le n° 4 de la rue du 8 Mai 1945 (37420 Beaumont-en-Véron). A un jet de raisin breton de la chapelle du château. Elle dit défendre les intérêts immédiats des riverains.

Les pistes de La Nouvelle République ? On en revient aux fameuses « clauses successorales ». Elles sont ainsi résumées :

« Lorsqu’en 1896, Marie-Alphonse Greban de Pontourny, dernier propriétaire du domaine qui porte son nom, établit comme légataire universel [son cousin]Jean-Baptiste Turquet, il précise que « le domaine doit avoir pour mission une œuvre charitable chrétienne avec obligation du culte catholique, un office par semaine ».

Le cas de l’aumônier

Le quotidien régional explique qu’avant le bouclage « nul interlocuteur ne souhaitait s’exprimer sur le sujet » mais qu’il semble acquis que ces clauses successorales ont déjà été étudiées par les pouvoirs publics. « Dès la décision de la Ville de Paris de fermer le centre de Pontourny, les conditions de reprise avaient été évoquées, faisant écarter certaines pistes pour demeurer dans la sphère du social, précise Patrick Goupil. Le centre de déradicalisation étant un établissement qui relève du ‘’code de l’action sociale et des familles’’, la compatibilité avec le legs est donc plausible. »

Mais il y a aussi le cas, assez pendable, de l’aumônier 1. « Le projet prévoit en plus le recrutement d’un aumônier catholique, ce qui n’était pas le cas quand l’établissement était dirigé par la Ville de Paris, peut-on lire dans La Nouvelle République. Ce détail semble montrer que les nouveaux responsables tiennent à se mettre en conformité avec le legs. Quant aux offices catholiques à tenir, il semble que la Ville de Paris avait trouvé la solution, puisqu’il se dit qu’elle versait régulièrement à la paroisse de quoi faire dire des messes ! »

Pain bénit

Il se dit désormais qu’il serait bon de vérifier cette information. La Ville de Paris donnant de l’argent pour que des messes soient dites… Cela ferait un assez bon article. Du pain bénit pour journalistes d’investigation.

« En attendant, le centre semble avoir reçu ses premiers pensionnaires » croit encore savoir le quotidien régional. L’arrivée « se serait faite » en milieu de semaine et « tardivement ». Il s’agirait de quatre volontaires (dont au moins trois jeunes filles). « Logés dans une partie au-dessus du foyer, non visible de la route, les pensionnaires restent des plus discrets. Selon toute vraisemblance, les arrivées devraient s’échelonner lentement, et la volonté affichée de faire le plein d’ici novembre, serait en fait décalée à décembre. » Et le confrère ne résiste pas à la chute : « Pour Noël peut-être ? ».

A Paris, bien loin de Beaumont-en-Véron, Le Figaro annonçait qu’il y aurait aujourd’hui en France 1954 mineurs signalés comme radicalisés . Combien de Pontourny ?

A demain

1 Aumônier : Ecclésiastique dont la fonction ordinaire était de distribuer les aumônes de ceux à qui il était attaché, de leur dire la messe, de faire la prière du soir et du matin, etc. Grand aumônier de France. Premier aumônier du roi. Aumônier ordinaire du roi. Aumônier de quartier. Aumônier du commun. Aumônier de la reine. L’aumônier d’un évêque. L’aumônier d’une princesse, d’un grand seigneur. Il se dit aujourd’hui des Ecclésiastiques attachés à certains corps, à certains établissements, pour enseigner la religion et les diriger spirituellement. L’aumônier d’un régiment, d’un hôpital, d’un collège, d’une prison. L’aumônier d’un vaisseau.

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