Première mondiale: un enfant a été créé à partir de «trois parents». Impossible en France

 

Bonjour

C’est une belle exclu du New Scientist. « Exclusive: World’s first baby born with new “3 parent” technique ». Une première mondiale aussitôt reprise par la BBC : “First ‘three person baby’ born using new method”. Par The IndependentWorld’s first baby born using new ‘three-parent’ technique”. Ou par The Guardian:“World’s first baby born using three-parent IVF technique”. Pour l’heure les médias généralistes français ignorent, boudent ou minimisent cette information.

Résumons: un garçon est né le 6 avril dernier à Mexico après, pour la première fois au monde, été conçu à partir d’une technique inédite ; une technique destinée à prévenir la naissance d’enfants atteints de maladies mitochondriales. Les mitochondries sont des organites intracellulaires qui fonctionnent comme les usines à énergie et qui contiennent des fragments d’information génétique sous forme  d’ADN. Des altérations – transmissibles de manière héréditaire –  de cet ADN sont à l’origine de très nombreuses (mais très rares) affections touchant différents organes et fonctions. On estime que ces maladies mitochondriales transmises par la mère (via les mitochondries anormales présentes dans ses ovocytes)  affectent environ un enfant sur 6500 naissances.

Pour éviter cette transmission le spermatozoïde du futur père féconde in vitro un ovocyte « sain » d’une donneuse dont le noyau a été remplacé par le noyau d’un ovocyte de la future mère. L’embryon ainsi conçu a toutes les caractéristiques génétiques du couple parental à l’exception de l’ADN mitochondrial de la femme. D’où l’expression d’ « enfant à trois parents ». L’enfant a un ADN nucléaire (99,9% de tout l’ADN) venant du père et de la mère et l’ADN mitochondrial (0,1%) venant d’une femme donneuse. Pour autant l’ADN de l’enfant vient bien de trois personnes différentes.

Survie qui ne dépasse pas quelques années

Le Royaume-Uni avait, pour la première fois, donné son accord en décembre 2014 pour que de telles procréations puissent être effectuées dans le pays. Mais la première naissance a été enregistrée outre-Atlantique. Cette procréation expérimentale visait, dans une famille jordanienne à prévenir le risque de transmission d’un  syndrome de Leigh :

« Le syndrome de Leigh ou encéphalomyopathie nécrosante subaiguë est une maladie neurologique progressive caractérisée par des lésions neuropathologiques associant en particulier une atteinte du tronc cérébral et des ganglions de la base. Sa prévalence est estimée à 1/36 000 naissances. La maladie débute typiquement chez le nourrisson de moins d’un an mais il existe de rares cas de début tardif, jusqu’à l’âge adulte.

«  Parmi les premiers signes de la maladie on note souvent une hypotonie avec mauvaise tenue de la tête, une régression des acquisitions motrices, et des vomissements. Une atteinte pyramidale et/ou extrapyramidale, un nystagmus, des troubles de la commande ventilatoire, une ophtalmoplégie et une neuropathie périphérique sont ensuite fréquents. Le pronostic du syndrome de Leigh est très sévère avec une survie qui dépasse rarement quelques années après le début des symptômes. »

 L’équipe américaine qui a réalisé cette première est celle du  Dr John Zhang, directeur médical du Centre de fertilité New Hope à New York  spécialiste libéral bien connu dans le marché de la PMA et connecté dans de nombreux pays. Cette première, pour des raisons éthiques et législatives a été effectuée à Mexico, où tout ou presque est permis. D’ores et déjà au cœur d’une polémique le Dr Zhang et son équipe annoncent qu’ils répondront à toutes les interrogations  lors d’une réunion de l’American Society for Reproductive Medicine qui se tiendra en octobre. Spectacle garanti.

Impossible en France

Plusieurs données expérimentales incitent pourtant à la plus grande prudence, le risque principal résidant dans des altérations progressives des fonctions mitochondriales et une apparition retardée des symptômes de la maladie. Selon le New Scientist cinq embryons ont ainsi été créés mais un seul se serait  développé normalement aurait été  implanté in utero.

En France une telle approche ne serait pas autorisée: les couples concernés peuvent en revanche bénéficier de la procédure du diagnostic préimplantatoire – voir d’un don d’ovocytes; le tout intégralement pris en charge par la collectivité. Dans la première américano-mexico-jordanienne aucune précision n’a été donnée  sur le coût et les modalités de prise en charge. Aucune précision non plus sur les raisons qui ont permis au New Scientist de bénéficier de cette exclusivité.

A demain

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