Martin Winckler dénonce le comportement «ridicule et futile» de l’Ordre des médecins

 

Bonjour

Tout cela n’est pas, au fond, d’un immense intérêt. Prenons-le comme un symptôme des tracas qui traversent le corps médical et l’expression journalistique. Soit la sortie en librairie d’un ouvrage titré « Les Brutes en blanc (Editions Flammarion, 16, 90 euros). Un titre qui dit sa quête de publicité – et un sous-titre qui laisserait songer à des horizons sociologiques : « La maltraitante médicale en France ». C’est une charge trop lourde pour faire mal, une outrance qui ruine son sujet : la dénonciation de « la caste médicale de la Ve République ». Avec « Les Hommes en blanc » du Dr André Soubiran en toile de fond. Auteur : Martin Winckler qui exerça la médecine en France sous un autre nom.

Partialité

« Pourquoi avoir jeté ce pavé dans la mare, alors que vous vivez au Canada ? » lui demande Le Monde au terme d’un long et assez ennuyeux entretien biographique :

« Parce qu’il arrive un moment où la masse d’informations dont vous disposez, sur un sujet très important, est telle que ça ne peut plus faire l’objet d’un simple article. Il faut faire une somme, même si elle est forcément temporaire et partiale.

« J’ai accumulé tant d’expériences personnelles en tant qu’étudiant en médecine puis en tant que médecin. Les patients et d’autres professionnels de santé m’en ont tant raconté. Il y a tant d’articles, de livres, qui témoignent de la progression de la pratique médicale dans d’autres pays… J’ai donc essayé de faire une somme de tout ça. Et d’expliquer de quelle maltraitance il s’agit en France, et ce qu’elle suggère : le sentiment qu’on donne aux médecins qu’ils sont des cadors. Ce qui est moralement inacceptable et fait le lit de la violence. »

Ventes et espérances

On demande à l’auteur comment il espère que son ouvrage sera reçu. L’auteur répond :

«  J’espère qu’il donnera une bouffée d’air aux patients. Ainsi qu’à certains médecins, qui savent tout ça et qui seront bien contents que quelqu’un le dise à leur place. Il y a aussi des médecins de bonne volonté, qui ne se rendent pas compte qu’ils sont maltraitants parce qu’ils sont eux-mêmes opprimés par le système, et qui vont peut-être se dire : ‘’Quand même, je dois pouvoir faire autrement’’… C’est la seule chose que j’espère.

Et puis, il y a quelques jours, cette pique ordinale : « L’Ordre des médecins « regrette que Martin Winckler ait fait le choix de la caricature et de l’amalgame  pour assurer la publicité de ses écrits. » Réaction du piqué :

« L’Ordre trouve plus important de ‘’défendre l’image de la profession’’ en accusant un citoyen de ‘’se faire de la publicité’’ qu’en se préoccupant des comportements de ses membres. C’est de la langue de bois en teck. Je trouve ça à la fois significatif, ridicule et futile. »

Tristesse

Ce livre se vendra, il est titré pour cela et la polémique y aidera. L’image de son auteur en sortira toutefois durablement et profondément brouillée. Il faut ici, pour comprendre, lire le texte d’un toujours médecin généraliste – le Dr Christian Lehmann –  qui connaît l’auteur de longe date. On peut le lire sur son blog, ici : « Orgueil et préjugés : Martin Winckler et les brutes en blanc ». C’est un long texte, décapant. Un texte d’une édifiante tristesse.

A demain

Une réflexion sur “Martin Winckler dénonce le comportement «ridicule et futile» de l’Ordre des médecins

  1. Tristesse, oui.

    Tristesse de voir que l’on se préoccupe plus de l’image des médecins et de la médecine sans un mot la souffrance des patients maltraités
    Pour le coup, oui, tristesse

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