L’Etat français pousse les Corses à fumer. Quand en finira-t-on avec Buonaparte Napoléon ?

 

Bonjour

Longtemps ce fut un privilège. C’est désormais, ouvertement, une plaie. La refermer ? Les députés français ont, dans la soirée du 18 octobre, décidé d’aligner la fiscalité du tabac en Corse sur celle en vigueur en France continentale. Cela s’est fait lors de l’examen en commission du projet de budget de la Sécurité sociale. Les plus vieux indépendantistes se souviennent que c’est là une mesure déjà proposée par le passé mais qui ne s’était jamais concrétisée.

Fumeurs ou pas, tous les Corses (et nombre des amoureux de cette île) savent que les produits du tabac y sont en moyenne 25 % moins chers qu’en France continentale 1. Cela n’a jamais été supportable. Cela n’est plus supporté par la députée (socialiste, Gironde) Michèle Delaunay qui défendait cette disposition devant la commission des Affaires sociales.

25% de cancers pulmonaires en plus

Deux amendements ont été adoptés qui visent pour le premier à harmoniser la fiscalité des cigarettes en Corse avec la fiscalité en vigueur sur le continent. Ils devront être à nouveau votés la semaine prochaine dans l’hémicycle.

Il faut ici savoir qu’une directive européenne de 2011 n’autorisait la France à garder une fiscalité réduite en Corse que jusqu’au 31 décembre 2015. C’est ainsi, selon Michèle Delaunay, que la France paiera, dès cette année une amende pour la Corse. De combien ? « Il est donc temps de se mettre en conformité », note l’amendement. Il souligne aussi que « les décès par cancer du poumon sont 25,7% plus important en Corse qu’en France continentale selon l’Agence régionale de santé en Corse  ».

« Pays ami »

L’AFP rappelle que l’an dernier, l’Assemblée avait procédé à un vote identique dans le cadre du projet de budget rectificatif 2015, avant de faire machine arrière « à la demande du gouvernement » qui avait alors estimé qu’il n’était pas opportun « à ce stade » d’agir sur ce levier de la fiscalité dans la lutte contre le tabagisme qui fait 78.000 morts par an en France. Un amendement de la députée Delaunay Michèle avait aussi été rejeté quelques semaines auparavant dans le cadre du projet de budget de la Sécu 2016 – et ce sous l’effet de la mobilisation des députés corses, qui avaient défendu cette « dérogation insulaire » au nom de l’identité corse.

Tous les Corses (et leurs députés) savent-ils que sur leur île les décès par cancer du poumon sont 25,7% plus important en Corse qu’en France continentale, ce « pays ami » ?

A demain

1 La Corse bénéficie de longue date d’un « Statut fiscal dérogatoire » motivé par son insularité. Ce régime remonte au Consulat, régime politique français issu du coup d’État du 18 Brumaire an VIII (9 novembre 1799), qui renverse le régime du Directoire.

La constitution de l’an VIII établit alors un régime politique autoritaire dirigé par trois consuls et en réalité par le seul Premier consul Napoléon Bonaparte, qui deviendra consul à vie en 1802. Le Consulat a duré jusqu’au 18 mai 1804 (28 floréal an XII), date de la fin de la Première République française et de la proclamation du Premier Empire.

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