Vente de tabac aux mineurs : l’impayable mauvaise foi des buralistes de Paris et d’ailleurs

 

Bonjour

A Paris près de 90% des mineurs qui fument chaque jour achètent leur tabac chez un buraliste. C’est la conclusion de la dernière livraison de l’enquête « Paris sans Tabac »Qui pourrait être étonné d’un tel résultat ? Qui le conteste et attaque en justice ? Les buralistes ! Ils s’en expliquent dans lemondedutabac.com.

On aborde là un sujet central du tabagisme, un sujet hautement politique. Un sujet  jamais abordé par les ministres de la santé en général, par Marisol Touraine en particulier qui (avec François Hollande) a officiellement fait de la lutte contre le tabac l’une de ses innombrables priorités. Résumons les termes de cete porte grande ouverte sur l’addiction tabagique, ce scandale de santé publique

1 Les derniers chiffres. L’enquête de  « Paris sans Tabac ». Elle est reprise par les vapoteurs qui la reprennent de pourquoidocteur qui la reprend de la Revue des Maladies Respiratoires :« Quels adolescents achètent leurs cigarettes chez le buraliste à Paris ? ». Co-signée par le Pr Bertrand Dautzenberg elle établit ceci – un constat proprement dramatique du point de vue de la santé publique :

 « Au total, 7025 collégiens (12–15ans), 3299 lycéens mineurs (16–17ans) et 3243 lycéens majeurs ont répondu. Le taux de fumeurs quotidiens était respectivement de 3,2 %, 19,0 % et 22,0 %. Le taux global de fumeurs (quotidiens+occasionnels) était respectivement de 13,8 %, 37,9 % et 39,5 %. Parmi les fumeurs quotidiens, 90,7 % répondaient avoir acheté leur tabac chez le buraliste. Cet achat concernait 74,6 % des 12–15ans, 92,0 % des 16–17ans et 94,0 % des 18–19ans.

 « Avoir bu plus de 4 verres d’alcool le même jour ou avoir consommé du cannabis dans le mois était associé à plus d’achats chez le buraliste. Avoir acheté du tabac avant 12ans chez un buraliste était associé à un score de dépendance à 16–17ans élevé comparé à ceux qui n’avaient acheté chez un buraliste qu’après 15ans. »

 2 D’autres chiffres. On les trouve dans une publication du  dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire :

 « Les fumeurs quotidiens, qu’ils soient mineurs ou majeurs, considéraient en 2015 qu’il était plus facile de se procurer du tabac relativement à 2011 (+11 points chez les majeurs contre seulement 7  points chez les mineurs)… Une plus grande accessibilité perçue augmente le risque de consommer du tabac parmi les adolescents, particulièrement chez ceux ayant des amis fumeurs ».

 3  Qu’en disent les buralistes ? Que ces résultats « ne sont pas très différents de ceux de 2015 », sinon qu’ils ont fait l’objet d’une publication scientifique qui « prétend »décrire la réalité. Ils rappellent aussi que l’an dernier, « Bertrand Dautzenberg avait mis en cause les buralistes dans un communiqué, émis un peu précipitamment avant toute publication officielle ». Ils ajoutent que les déclarations du pneumologue militant anti-tabac lui avaient alors valu une « poursuite judiciaire de la Confédération des buralistes » – poursuite sur laquelle la justice doit se prononcer le 30 novembre prochain.

4 Les critiques des vendeurs de tabac. La Confédération des buralistes défend l’hypothèse selon laquelle « les jeunes interrogés brouillent les pistes auprès des enquêteurs afin de protéger leur(s) filière(s) d’approvisionnement ». Elle soulève ici une question méthodologique : « les jeunes interrogés ont-ils été questionnés précisément ? »

En mai 2015 Pascal Montredon, président de la Confédération des buralistes déclarait ceci après la publication des résultats de « Paris sans Tabac » :

« Je conteste formellement les conclusions de l’enquête administrée par lui-même et présentée ce jour par le professeur Dautzenberg, selon lesquelles les buralistes vendent sciemment du tabac à des mineurs de moins de 18 ans.  L’interdiction de vente aux mineurs n’a pas été facile à mettre en œuvre, mais elle est respectée par l’ensemble des buralistes de toute la France. »

 5 Une loi bafouée. Le code de la santé publique dispose :

 « Il est interdit de vendre ou d’offrir gratuitement, dans les débits de tabac et tous commerces ou lieux publics, des produits du tabac aux mineurs de moins de 18 ans. (Article L3511-2-1)Une affiche rappelant l’interdiction de vente de tabac aux mineurs doit être lisiblement apposée dans les lieux de vente. (Article D3511-15) Les vendeurs de tabac sont autorisés à exiger de l’acheteur la production d’une pièce d’identité pour preuve de son âge (Article D3512-3) »

En 2011, fort d’un constat accablant quant aux agissements des buralistes le Comité National Contre le Tabagisme « avait interpellé l’Etat ».  Depuis cinq ans l’Etat, employeurs des buralistes, ne répond pas. Le gouvernement organise prochainement un « Moi(s) sans tabac ». Les mineurs de 12 à 17 ans sont cordialement invités à participer.

A demain

 

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