Scandale des «anti-Alzheimer» : un responsable sanitaire s’étrangle dans Le Journal du Dimanche

 

Bonjour

La pression monte : les médias généralistes mettent de plus en plus en lumière la responsabilité de la ministre de la  Santé dans l’affaire-scandale des médicaments « anti-Alzheimer ». Combien de temps gardera-t-elle le silence sur les véritables raisons qui font qu’elle maintient le remboursement de quatre médicaments dont il est acquis, démontré, certifié, qu’ils sont non seulement inefficaces mais également toxiques ? Et pourquoi, incidemment, la voix solitaire et inexpliquée de la ministre prime-t-elle sur celles des collèges d’experts de la Haute Autorité de Santé (HAS) ? Et que fait, ici, l’Agence nationale de sécurité des médicaments (ANSM) ?

Il y avait eu le communiqué de presse de la HAS. On dispose aujourd’hui des rapports détaillés de Commission de la Transparence de la HAS. Elle a « réévalué » cette année les quatre médicaments utilisés dans le traitement de la maladie d’Alzheimer : Ebixa (Lundbeck), Aricept (Eisai), Exelon (Novartis Pharma) et Reminyl (Janssen Cilag) :

« Il s’agit de médicaments à visée symptomatique qui ne modifient pas l’évolution de la maladie. Aujourd’hui, avec le recul, compte tenu de la confirmation de la faible efficacité de ces médicaments, de l’existence d’effets indésirables potentiellement graves et sachant que la prise en charge des personnes touchées doit être globale, la Commission de la Transparence conclut à un service médical rendu insuffisant pour justifier leur remboursement par la solidarité nationale. »

 Mystérieux responsable sanitaire

Dernier dimanche d’octobre. France Inter traite du sujet et laisse l’auditeur avec une puce à l’oreille. Le Monde garde le silence. Le Journal du Dimanche traite l’affaire avec détails : « Le rapport qui dénonce le danger des médicaments contre Alzheimer »  Il cite le Dr Philippe Nicot (hier sur Slate.fr), lanceur d’alerte jadis gentiment ignoré. Il cite aussi le Pr Loïc Guillevin, qui préside la commission de la transparence  et qui (assez étrangement) dit ne pas être « choqué » par la décision de Marisol Touraine : « Nous sommes là pour donner une information scientifique. La ministre, elle, est dans un registre de politique générale de santé. Elle doit prendre en compte les ­associations, l’environnement de prise en charge ».

Le Journal du Dimanche cite enfin un responsable sanitaire : « La décision finale appartient à Marisol Touraine, mais c’est un très mauvais signal. Depuis le scandale du Mediator, c’est la première fois qu’une Agence indépendante est désavouée ». Ce cadre « s’étrangle » nous dit le JDD. « Il n’imagine pas que la ministre de la Santé ait pu céder au lobbying des laboratoires pharmaceutiques ». Il pencherait plutôt pour l’hypothèse selon laquelle Marisol Touraine « a capitulé face au désarroi des proches des patients ».

Deux questions complémentaires. Combien de temps peut vivre un cadre sanitaire qui s’étrangle face aux agissements de sa ministre de tutelle ? Pourquoi n’a-t-il pas le courage de parler le visage découvert ?

A demain

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