E-Cigarette : qu’en aurait dit Fagon, Premier médecin du Roi et premier ennemi juré du tabac ?

 

Bonjour

Fléau du tabac, comment en sommes-nous arrivé là ? Dans la dernière livraison de La Revue du Praticien notre confrère Jean Deleuze nous éclaire : « Comment, au XVIIème siècle, la dépendance au tabac s’est mondialisée ». Où l’on apprend que le puissant Vatican aurait (là aussi) pu mieux faire :

« Il y eut un moment de rejet. L’Église condamna au XVIème siècle l’usage du tabac (un rite païen et démoniaque) et des mesures répressives apparurent un peu partout : on empala les fumeurs en Iran, on leur coupa les lèvres en Russie (l’incendie de Moscou en 1650 fut attribué à l’imprudence d’un fumeur), on les réduisit à l’esclavage au Japon, on les décapita en Chine… mais rien n’y fit : partout l’usage massif du tabac s’imposa. Cela d’autant – et c’est probablement là le cœur du problème – que les États commencèrent à y trouver leur compte en le taxant. »

Formidable Revue du Praticien, où l’on redécouvre le Dr Guy-Crescent Fagon (1638 -1718). Ah Fagon… Il fut nommé premier médecin du roi Louis XIV en 1693 après le renvoi d’Antoine d’Aquin (1620-1696). Il fut aussi le premier médecin au monde à mettre en doute les bienfaits du tabac sur la santé. En guerre ouverte, avec La Revue, contre le tabagisme le Dr Jean Deleuze nous ressuscite  le bon Fagon.

 Squelettiques 

« Aussi la plupart des jeunes gens, qui prennent trop de tabac, sont attaqués de tremblements dès leur jeunesse même. Leurs mains mal assurées n’agissent plus avec la même vigueur, leurs pieds chancelants semblent se reculer au poids du corps, les parties nobles se flétrissent, les fibres spirales du cœur n’ont presque plus de jeu, ou ne jouent que par saillies : la texture et la trame des parties se déchire, ou se relâche ; la machine vivante se détruit ainsi peu à peu, son mouvement, sans lequel elle ne peut subsister, s’affaiblit de plus en plus, en sorte que la mort, qui sans l’usage immodéré du tabac aurait été moins prompte, vient d’un pas précipité terminer une vie, qui ne fait que commencer. Donc le fréquent usage du tabac abrège la vie. »

Ce texte (traduit du latin) est extrait de « Savoir si le fréquent usage du tabac abrège la vie ». Il s’agissait d’une « Question agitée le 26 de mars de l’année 1699 aux Écoles de médecine de Paris, sous la présidence de M. Fagon , conseiller du Roi en tous ses Conseils d’État, premier médecin de sa majesté. ».

On se prend à rêver. Fagon et la réduction des risques…  Fagon et la cigarette électronique… Donc le fréquent usage du tabac abrège la vie.  On écrira ce que l’on voudra -mais on reconnaîtra qu’il y a là une autre matière, une autre densité que celle des slogans squelettiques de notre « Moi(s) sans tabac ». Il  commence demain 1er novembre de l’année 2016. Et il oublie la cigarette électronique.

A demain

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