L’histoire assez cocasse du coq au vin de New York et de sa brosse à nettoyer bon marché

 

Bonjour

C’est une histoire assez cocasse dont les gazettes feront des tonnes. Une histoire gastronomique et chirurgicale qui ne manque pas de sel juridique.

Nous sommes au « Bistro Moderne », un restaurant de la 44e Rue, tout près de Times Square, Manhattan. Grand chic : voir ici. Compter un minimum de 32 dollars pour le « COQ AU VIN » (Bacon, Mushrooms, Pearl Onions Spätzle). Un coq au vin, quintessence de nos provinces viticoles, c’est précisément ce qu’avait pris Barry Brett le 28 février 2015, au « Bistro Moderne ».

Nous connaissons tous, de ce côté-ci de l’Atlantique, ce plat qui symbolise les premiers échanges urbains entre fiers Gaulois et Romains envahisseurs.

« Ce mets nécessite un coq, ou à défaut un poulet, découpé en morceaux, des petits oignons, des gousses d’ail, des lardons, un verre à liqueur de marc de raisin, du vin rouge de très bonne qualité (Bourgueil ou Pommard), un bouquet garni, des carottes, de véritables champignons de Paris, du persil plat.  Le vin servi avec le plat sera celui utilisé pour son élaboration. Une variante de l’Espagne jurassique use du célèbre ‘’vin jaune’’. Morilles revendiquées. »

Objet étranger non recraché

M et Mme Brett savaient-il tout cela ? A peine son assiette entamée, M. Brett sent un objet étranger dans sa gorge. Loin de le recracher il l’avale – puis quitte le restaurant. En témoigne une plainte étrangement enregistrée le 15 avril suivant – un document « vu par l’AFP ». Barry se précipite aux urgences. Puis il est opéré. Le chirurgien identifie la présence d’un objet atypique : un fil de métal de 2,5 cm de longueur « provenant d’une brosse à nettoyer bon marché ».

L’affaire eût pu s’étouffer. Or dans un jugement rendu jeudi 24 octobre le tribunal de New York a considéré que le restaurant avait été « négligent » et l’a condamné à payer 1,3 million de dollars de dommages et intérêts – dont 1 million pour préjudice moral – à M. Brett, plus 11 000 dollars à Mme Brett. Et l’affaire fait d’autant plus de cris que le restaurant est l’un de ceux du célébrissime chef –star français Daniel Boulud , 61 ans, enfant de Saint-Pierre-de-Chandieu.

Daniel Boulud possède dix restaurants à New York, dont « Daniel », le plus réputé, et une vingtaine de restaurants à travers le monde. C’est lui, notamment qui avait lancé les hamburgers « gourmet » en 2001 quand le grand Alain Passard, en son Arpège de la rue de Varenne, faisait une croix sur la viande rouge. Deux styles, deux destins.

Fil non intentionnel

L’avocat du « Bistro Moderne » envisage des recours contre ce jugement – et principalement contre le préjudice moral. « Ce n’était pas intentionnel » (sic), a expliqué l’avocat à l’AFP, soutenant que le préjudice moral ne pouvait être retenu que si le défendeur avait agi en connaissance de cause. Il affirme que Barry Brett avait attendu quatre jours avant de se rendre à l’hôpital, ce qui avait grandement contribué à aggraver son état.

L’avocate de Barry se dit « très satisfaite » que le jury ait reconnu la gravité des blessures de son client. Elle souligne « à quel point il est dangereux d’utiliser une brosse métallique à proximité de nourriture ». Qui osera dire le contraire ? Mais qui expliquera comment un fil d’une telle brosse peut se retrouver entre coq, bacon, mushrooms, et pearl onions ? Et comment un fin gourmet peut avaler sans broncher un fil métallique de 2,5 cm de longueur ?

A demain

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