Médicaments anti-Alzheimer : les prétendants se bousculent au portillon du Grand Marché

 

Bonjour

Marisol Touraine gardera-t-elle le silence jusqu’à son départ du Palais de Ségur ? Pourquoi cette obstination ? Pourquoi continuer à faire rembourser par la collectivité des médicaments radicalement inefficaces et dont la toxicité est démontrée ? Pourquoi ce camouflet à la Haute Autorité de Santé ? Le saura-t-on jamais ?

Il y a bien longtemps que Big Pharma est au-delà de combat de vieille arrière-garde. Ici les échecs récurrents ne calment en rien les espoirs thérapeutiques et les appétits financiers. Quelques gazettes commencent ainsi, déjà, à parler d’une nouvelle promesse : un microscopique essai clinique que vient de publier  Science Translational Medicine : “The BACE1 inhibitor verubecestat (MK-8931) reduces CNS β-amyloid in animal models and in Alzheimer’s disease patients”.

Où l’on vante les vertus de l’inhibiteur verubecestat de la multinationale Merck. Selon les chercheurs de la firme américaine c’est une molécule dénuée de toxicité hépatique et/ou  neurologique sévère. Une molécule qui aurait la propriété de réduire la présence de protéines toxiques beta-amyloïdes accumulées dans le cerveau des malades – le tout dans un brouillard physiopathologique qui caractérise notre compréhension de la « maladie d’Alzheimer ». Mais peut-on parler d’efficacité au terme d’un essai clinique qui n’a réuni que 32 participants à des stades précoces et modérément avancés de cette maladie neurodégénérative ?

N’importe quoi

Deux essais cliniques internationaux en cours, dits de phase 3, pour évaluer l’efficacité clinique du verubecestat, seront terminés en juillet 2017. Si les résultats sont probants, ce traitement oral  pourrait être mis sur le marché d’ici deux à trois ans. C’est du moins ce qu’espère le fabricant.  Deux autres molécules (des anticorps visant indirectement  les plaques amyloïdes) – le solanezumab (Eli Lilly), et l’aducanumab (Biogen Inc.) – sont également en piste dans des essais cliniques de phase 3 avant d’être commercialisé.

Le marché ? Pour les seuls Etats-Unis  le nombre de personnes souffrant de cette pathologie neuro-dégénérative  pourrait dépasser les 28 millions d’ici à 2050. Selon l’Organisation mondiale de la santé  plus de 36 millions de personnes dans le monde sont atteintes de démence plus ou moins précoces. Ce nombre devrait doubler d’ici à 2030 et tripler d’ici la moitié de notre siècle.

Aura-t-on, alors compris les causes premières de la maladie d’Alzheimer ? Peut-on traiter efficacement une maladie sans connaître l’intimité des rouages de sa physiopathologie ? Et si tel n’est pas le cas peut-on, face au désespoir, s’autoriser à faire n’importe quoi avec l’argent de la collectivité ?

A demain

 

Une réflexion sur “Médicaments anti-Alzheimer : les prétendants se bousculent au portillon du Grand Marché

  1. Peut-on traiter efficacement une maladie sans connaître l’intimité des rouages de sa physiopathologie ?

    Biensûr : cela fait 30 ans qu’on le fait en faisant baisser le marqueur qu’est le cholestérol !!!!!

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