Morale : au nom de la lutte contre Alzheimer, peut-on laisser tout faire aux publicitaires ?

 

Bonjour

Bientôt il faudra donner pour le Téléthon. Pour l’heure, en cet automne, on peut voir fleurir de nouvelles affiches sur le mobilier urbain. Cela donne (avec d’énormes gants de boxe) : « Juliette peut mettre Alzheimer K.O. – Donnez à la recherche maintenant et Alzheimer peut être vaincu dans dix ans ».

#MettonsAlzheimerKO !

Parfois Lucas peut remplacer Juliette. Comme ici. Il s’agit, une nouvelle fois de donner de l’argent :

« En nous mobilisant tous, nous pouvons mettre Alzheimer K.O. d’ici 10 ans ! Si elle bénéficie de suffisamment de moyens, la recherche médicale parviendra à atteindre cet objectif. C’est le sens de notre nouvelle campagne optimiste et combative. Notre association a pour mission de soutenir la recherche et notamment la recherche clinique sur la maladie d’Alzheimer. »

A l’origine de cette initiative : Alzheimer-recherche.org. On verra ici ses prestigieux partenaires ; un détail squelettique de ses comptes ; son comité d’honneur ; les différents moyens de donner ; sans oublier la revue de presse.

Ouvrez vos porte-monnaie

Tout cela part sans aucun doute de bons sentiments. On sait que ce sont souvent, à l’échelon collectif, les plus terribles. Tout est-il bon pour récupérer de l’argent ? Faut-il laisser tout faire aux gentils publicitaires ? Jusqu’à cette pauvre métaphore du combat de boxe ? Jusqu’à cette allégation pratiquement mensongère laissant espérer que dans dix ans la victoire sera assurée – dès lors que suffisamment d’argent sortira des porte-monnaie.

Tout cela n’est pas sans rappeler les slogans utilisés il y a une trentaine d’années dans le champ du cancer. Tout cela vient aussi, sur le fond, réactiver la douloureuse question de savoir si la fin visée justifie les moyens employés.

Question à Mme Touraine

Trouver de l’argent pour aider à la recherche contre la maladie d’Alzheimer ? C’est précisément question pourrait être posée à Marisol Touraine. La ministre de la Santé vient, d’autorité, de décider de continuer à faire rembourser des médicaments coûteux, inefficaces et potentiellement toxiques pour les personnes souffrant de cette forme de démence. Une décision ministérielle prise dans une tour dorée et contre l’avis motivé de la Haute Autorité de Santé.

Comment s’adresse-t-on à une ministre de la Santé qui refuse de s’expliquer ? Voilà bien une question politique. Faudra-t-il, ici, en venir à faire appel au génie publicitaire ?

A demain

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