Donald Trump : sera-t-il, pendant quatre ans, aussi dangereusement fou qu’il nous en a donné l’air ?

 

Bonjour

Et maintenant ? Le spectacle Trump va-t-il continuer ? Quel impact l’exercice du pouvoir aura-t-il sur les pathologies mentales qui lui avaient été prêtées de part et d’autre de l’Atlantique ? On se souvient que le profil psychiatrique de celui-qui-ne-serait-jamais-président-des-Etats-Unis  était devenu un sujet médiatique de santé publique.

« Et si Donald Trump était fou ? » avait demandé, fin juin, Le Quotidien du Médecin. Et dans un remarquable effort de suivi de ses sujets, le même Quotidien  (Christian Delahaye) remet aujourd’hui l’outil sur le métier : « Le ‘’cas Trump’’ : pronostic balancé des psys français »

Fin juin, forts des critères du DSM 5, les spécialistes interrogés par Le Quotidien portaient des diagnostics d’une particulière sévérité – des diagnostics fondés sur les propos complotistes du candidat républicain, sur son égotisme au-delà de l’exacerbé, sur son machisme au-delà de l’outrancier, sur son mépris au-delà du compulsif des scientifiques, sur son plus qu’effrayante absence d’empathie. Sans oublier son racisme au-delà du décomplexé. Tout cela n’était-il que spectacle, mis en scène, jeux d’acteurs ?

Et maintenant, au lendemain de l’élection, ces mêmes spécialistes redoutent-ils un passage à l’acte, une décompensation ? Voici quelques-unes des réponses de ces experts au Quotidien :

Pr Sebastian Dieguez, chercheur en neurosciences cognitives (Université de Fribourg: « Non, je ne crains pas que le nouveau président déclare un syndrome d’hubris, une maladie du pouvoir, tout simplement parce qu’il semble déjà atteint par ce tableau clinique. Au contraire, le fait d’endosser les habits du pouvoir devrait l’apaiser et le recentrer dans la solennité de sa nouvelle charge, bien au-delà des responsabilités de ses entreprises financières. Le risque d’un dérapage n’est cependant pas complètement exclu, car on sait que ce n’est jamais une bonne idée de donner du pouvoir à un psychopathe. »

Ali Magoudi, psychanalyste, auteur de « Psychanalyses » de François Mitterrand, Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen : « À la différence d’un George Bush qui invoquait sans cesse la croisade des forces du bien contre les forces du mal et qui a déclenché des offensives dont on continue aujourd’hui à payer les conséquences, Trump ne tient pas de discours messianique. Certes, il est volontiers éruptif, il surréagit dans le feu du débat, mais il n’est pas dans l’incantation interventionniste planétaire.

« Ce n’est pas le docteur Folamour. Ce n’est pas tant son état mental personnel qui est en question que celui de ses électeurs : en votant Trump, ils demandent la construction de murs qui séparent les communautés, ils veulent enrayer la mondialisation, alors qu’il n’existe pas de plan B. La peur inhibe leurs capacités cognitives. C’est ce circuit des peurs qui alimente le trumpisme aux États-Unis et le populisme, partout dans le monde et en France en particulier. »

Dr Serge Hefez  psychiatre et psychanalyste (La Pitié-Salpêtrière, auteur de « La Sarkoze obsessionnelle »).  « De ce point de vue, on est bien au-delà du seul cas Trump. Il nous faut tirer les leçons du succès du milliardaire histrionique et narcissique et prendre conscience du fossé qui sépare aujourd’hui les personnes socialement insérées de toute une population exclue qui vit dans la peur et le repli. Après avoir flatté leurs souffrances, Trump va-t-il maintenant les exacerber et mener l’Amérique à la ruine ? C’est toute la question et mon pronostic reste partagé. »

Marie Muzard, (auteure de « Ces grands singes qui nous gouvernent ») : « Donald Trump s’est comporté durant la campagne comme un beau spécimen de gorille dominant, avec sa stature massive, ses parades d’intimation, ses grands borborygmes d’insulte. Mais aujourd’hui qu’il est parvenu à ses fins et qu’il s’est imposé, il fait du grooming, il caresse les Américains dans le sens du poil et promet de les protéger tous, pas seulement les faibles. Il prend le pouvoir dans le calme et la maîtrise. Il n’est pas aussi fou qu’il en a eu l’air. »

Et maintenant ? Les dés démocratiques ont été jetés. Il reste quatre ans pour voir ce qu’il en sera. Quatre ans pour observer comment le pouvoir change un homme. Ou comment il ne le change pas. Quatre ans pour étudier le « paradoxe sur le comédien » et les « Deux Corps du roi ». Quatre ans pour revoir et le Docteur Folamour et, fantastique, « La Mort de Louis XIV ». C’était il y a trois cents ans. Une belle gangrène. On ne s’en lasse pas.

A demain

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