La victoire de Donald Trump signe (aussi) le crépuscule de la puissance médiatique

 

Bonjour

A l’heure où nous écrivons ces lignes Donald Trump est assuré de s’installer à la Maison Blanche.  Fin d’une séquence proprement asphyxiante. Le candidat républicain déjoue ainsi mille et un sondages, mille et un commentaires, mille et une croyances. Pour reprendre son mode d’expression il fait un bras d’honneur à son adversaire, à l’establishment, aux « forces du progrès ». Il sera, aussi, applaudi et, au-delà des Etats-Unis, confortera tous les populismes.

Mille et un commentaires vont suivre, dans des médias qui avaient appelé à voter contre lui. Combien analyseront la situation dans laquelle ils se trouvent ? Combien tenteront d’expliquer que les médias généralistes traditionnels sont eux aussi (comme nombre de responsables politiques) comme déconnectés du réel ? Ils ne sont plus les leaders d’opinion qu’ils furent – ou qu’ils crurent être. Ils doivent composer avec une autre réalité, le populisme se nourrissant désormais des nouveaux outils de communication, ces « réseaux sociaux » qui prolifèrent dans les sphères démocratiques.

Addiction à l’émotion

La nouvelle situation américaine n’est pas sans faire songer à l’unanimisme médiatique français lors du dernier référendum « pour ou contre l’Europe de Maastricht ». Elle peut raisonnablement, faire trembler. Elle impose surtout de comprendre, d’analyser, d’expliquer, de tenter de convaincre. Certainement pas d’excommunier. Il faudra, pour cela, tenter de se garder de l’addiction à l’émotion qui caractérise l’actuel désarroi médiatique. On peut, aussi, s’inspirer du passé et relire Michel Certeau et son introduction de « La possession de Loudun » (Gallimard/Julliard):

« D’habitude l’étrange circule discrètement sous nos rues. Mais il suffit d’une crise pour que, de toutes parts, comme enflé par la crue, il remonte du sous-sol, soulève les couvercles qui fermaient les égouts et envahisse les caves, puis les villes. Que le nocturne débouche brutalement au grand jour, le fait surprend chaque fois ? Il révèle pourtant une existence d’en dessous, une résistance interne jamais réduite. Cette force à l’affût s’insinue dans les tensions de la société qu’elle menace. »

 A demain

 

 

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