Alzheimer, ANSM, antibiotiques : abécédaire et dernier inventaire de Marisol Touraine

 

Bonjour

Entretien à la Prévert de Marisol Touraine dans Le Monde daté du 18 novembre  (Laetitia Clavreul, Paul Benkimoun, François Béguin). Comme un inventaire avant soldes. Essai ce classement.

Affaire de l’essai clinique de Rennes et des possibles manquements de l’ANSM. Il s’agit là d’un abcès loin d’être vidé. Et ce d’autant que la direction de l’Agence de sécurité du médicament cherche à faire pression sur des journalistes du Figaro et de Mediapart. Marisol Touraine est-elle en phase avec l’Agence dont elle a la tutelle ? Le sujet n’est malheureusement pas abordé directement dans Le Monde. « Des articles ont mis en cause l’autorisation de l’essai de Rennes par l’ANSM, l’accusant aussi d’avoir édulcoré sa responsabilité. Y-a-t-il eu des manquements de l’ANSM ? » demande le quotidien du soir à la ministre de la Santé. Réponse :

« L’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), que j’ai missionnée après le drame, a pointé des failles du côté de l’industriel BIAL, du centre de recherche BIOTRIAL, mais pas de manquements du côté de l’ANSM, seulement des besoins de réorganisation. Des médias (sic) ont fait état de ce que la direction de l’ANSM aurait transmis une version modifiée des conclusions de ses experts. J’ai donc demandé à l’IGAS si le contenu de ces articles remettait en cause les conclusions de son rapport. Elle m’a dit que non. Je ne dispose donc d’aucun élément qui mette en cause l’ANSM. La procédure judiciaire engagée sera amenée à se prononcer le cas échéant sur les responsabilités des uns et des autres. »

Une semaine d’antibiotiques, pas plus

On n’en saura pas plus. La ministre est plus prolixe sur la question des antibiotiques dont la prescription, en France, est redevenue de plus en plus automatique. Elle annonce « un encadrement des prescriptions ». En pratique ne première prescription ne pourra être faite pour une durée supérieure à sept jours (alors qu’en moyenne  ces prescription sont aujourd’hui de dix jours en médecine de ville). Elle annonce aussi un renforcement dépistage sur l’origine virale ou bactérienne des angines par des tests rapides. Un dépistage qui, Brexit ou pas, avance à grande vitesse dans les pharmacies britanniques comme nous l’apprend la BBC: “Sore throat sufferers urged to take pharmacy test.

Rien, ou presque, sur le vertigineux dossier des prix croissants, inaccessibles, de certains médicaments (« Avec le président de la République, je porte cette question au niveau international ») à l’exception d’une pique politique (« Mais quand je vois que tous les candidats à la primaire de la droite annoncent des déremboursements massifs et qu’au Parlement, la droite a systématiquement voté contre les dispositifs de régulation des coûts que j’ai proposés, je me demande où l’on va »).

Hypothèse et question absurdes

Où allons-nous avec sa décision unilatérale est inexpliquée de ne pas dérembourser les médicaments anti-Alzheimer, que la Haute Autorité de santé a jugé inefficaces et dangereux ? Que répond-elle aux lanceurs d’alerte comme Irène Frachon (elle-a-révélé-le-scandale-du-Mediator) l’accusent  de céder au poids du lobby pharmaceutique ?

« C’est absurde ! Jamais un médicament n’a été déremboursé du jour au lendemain. Le faire plongerait les patients et leur famille dans le désarroi, alors que la qualité de la prise en charge est très variable d’un lieu à l’autre. C’est un sujet médical et humain. Je ne serai pas la ministre qui prendra une décision pour des raisons économiques. Aucun pays n’a déremboursé. Si la France décidait de le faire, elle serait la première. Ma décision est transitoire et doit permettre de faire évoluer en douceur notre système de prise en charge. J’ai demandé au professeur Michel Clanet de me faire une proposition en ce sens avant fin janvier. »

Le précédent Xavier Bertrand

Faut-il laisser sur le marché des médicaments inefficaces et dangereux au motif que les retirer « plongerait les et leur famille dans le désarroi » ? Est-ce là une politique ? Si l’on osait on dirait que la réponse de la ministre de la Santé mériterait d’être complétée, débattue, critiquée.

Sur ce sujet on lui conseillerait volontiers de ce reporter à l’éditorial (Bernard Gavid) de la dernière livraison de la Revue du Praticien Médecine Générale. Il rappelle que ces médicaments coûtent chaque années 180 millions d’euros à la solidarité nationale. Il s’interroge : « Comment comprendre les réticences de nos ministre de droite [Xavier Bertrand] ou de gauche [Marisol Touraine] à suivre les recommandations de la HAS ? Les intérêts des lobbies seraient-ils plus importants que ceux des patients ? ».

Nous savons désormais, grâce au Monde, que pour Marisol Touraine cette question est absurde. Nous la reposerons.

A demain

 

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