Alain Juppé vient chercher François Fillon sur le terrain du droit à l’avortement. Et après ?

 

Bonjour

On approche du début de la fin. Un sujet sociétal chasse l’autre : après l’abcès de la campagne « ciblée gay » de prévention du sida voici la question récurrente du droit à l’IVG.

Ce matin, sur Europe 1, le maire de Bordeaux a attaqué son puissant rival dominical en ces termes :

« Il y a des points sur lesquels j’aimerais bien que François Fillon clarifie sa position, par exemple sur l’interruption volontaire de grossesse. Il a commencé par dire dans son livre que c’était un droit fondamental de la femme, puis il est revenu sur cette déclaration dans un débat qu’il a eu devant un certain nombre de ses supporters. Quelle est sa position ? »

Juppé et dignité

Alain Juppé faisait référence à une réunion publique tenue le 22 juin à Aubergenville (Yvelines) lors de laquelle François Fillon avait déclaré :

« J’ai écrit [dans mon livre] que l’avortement était un droit fondamental. Ce n’est pas ce que je voulais dire. Ce que je voulais dire, c’est que c’est un droit sur lequel personne ne reviendra. Philosophiquement et compte tenu de ma foi personnelle, je ne peux pas approuver l’avortement. »

Aujourd’hui il complète : « Jamais je n’aurais pu penser que mon ami Alain Juppé tombe aussi bas (…) Est-ce qu’une seule fois j’ai pris une position contraire à l’avortement ? (…) Que la campagne reprenne sa dignité et qu’on cesse les polémiques qui sont inqualifiables et qui, franchement, abaissent le niveau ».

Droits fondamentaux

Où l’on entend parler, dans la sphère politique, de « droit fondamental » et de « foi personnelle ». Ou de séparation entre ce qui est du ressort de l’Eglise et de celui de l’Etat. Ce qui, en France, est une assez vieille affaire qui alimente toujours de craintes et des angoisses récurrentes.

Alain Juppé ou pas, François Fillon devra revenir sur le sujet. Et il faut ici s’entendre sur ce qu’est un « droit fondamental » ou, plus précisément, les « droits fondamentaux ». En France ils se définissent officiellement ainsi :

« Il s’agit des libertés et les droits reconnus par la Constitution, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, le préambule de la Constitution de 1946 (repris par celle de 1958), la Charte de l’environnement (intégrée dans le préambule de la Constitution en 2005) et les principes fondamentaux auxquels ces textes renvoient. Ils sont à la base de la démocratie et le Conseil constitutionnel a fortement contribué à renforcer leur respect. On peut distinguer différentes catégories.

. Les droits inhérents à la personne humaine : ils sont pour la plupart établis par la Déclaration de 1789. Il s’agit de l’égalité (art. 1), de la liberté, de la propriété, de la sûreté et de la résistance à l’oppression (art. 2).

. Les droits qui sont des aspects ou des conséquences des précédents : ainsi du principe d’égalité découlent, par exemple, le suffrage universel, l’égalité des sexes, mais aussi l’égalité devant la loi, l’emploi, l’impôt, la justice, l’accès à la culture. Le principe de liberté induit l’existence de la liberté individuelle, d’opinion, d’expression, de réunion, de culte, de la liberté syndicale et du droit de grève. »

Euthanasie

De ce point de vue la distinction faite par François Fillon entre le « droit fondamental » et sa « foi personnelle » apparaît d’une assez grande fragilité. Imaginerait-on un candidat à la présidence de la République établir ce clivage public/privé pour l’égalité, la liberté ou la propriété ? Sa position serait plus solide s’il s’était engagé à ne pas remettre en cause la loi qui fonde ce droit – et à ne pas remettre non plus en cause l’ensemble des structures et dispositifs (complétés par le gouvernement actuel, Marisol Touraine au premier chef) qui au quotidien font que ce droit peut effectivement être exercé.

Qui sortira vainqueur de cette passe d’armes qui passionne aujourd’hui les gazettes ? Laissera-t-elle des traces ? Au chapitre sociétal reste quelques têtes de chapitre : la procréation médicalement assistée ouverte aux femmes homosexuelles, les mères porteuses, l’utérus artificiel, le nouvel eugénisme et le droit au suicide (médicalement) assisté. On approche du début de la (première) fin.

A demain

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