Médicaments : les «tontons flingueurs» récidivent, au risque de lasser les spectateurs

 

Bonjour

Quatre ans plus tard, retour des « tontons flingueurs de la pharmacopée française » (Le Quotidien du Médecin). Mise scène : un entretien  dans « Le Parisien » (Marc Payet) avec l’un des deux auteurs qui annonce la sortie d’une mise à jour (21,80 € )de leur « Guide des 4 000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux » (« plus de 150 000 exemplaires vendus »).L’édition d’origine, publié en 2012, dénonçait les mille et un défauts des spécialités pharmaceutiques. Quatre ans plus tard le propos n’a pas changé et l’ouvrage reste et demeure « le seul guide indépendant » (sic). Les confrères apprécieront.

Populisme

Les seuls indépendants ne redoutent pas d’embrasser large avec quelques gouttes de réalisme populiste :

« 35 % des médicaments sont inefficaces, 25 % mal tolérés. 5 % potentiellement dangereux, mais 75 % remboursés ! Plus de 100 000 accidents nécessitant une hospitalisation et plus de 30 000 morts par anDes dépenses de 1,2 à 2 fois supérieures à celles des autres grands pays, soit 10 à 15 milliards d’euros jetés par les fenêtres, sans bénéfice pour la santé et aux dépens des véritables priorités : hôpitaux, infirmières, handicaps physiques et mentaux, vieillesse.

« Ce guide s’adresse d’abord aux malades, à leurs familles et aux praticiens, qui, bien plus que les spécialistes, sont le cœur de la médecine, pour faciliter le dialogue et les éclairer sur l’efficacité et les risques des médicaments. (…) Cette deuxième édition actualisée inclut les 200 nouveaux médicaments apparus depuis 2012, particulièrement dans le domaine des cancers, du diabète, des hépatites et des anticoagulants, et analyse les drames thérapeutiques de ces dernières années : Mediator, Vioxx, Dépakine, statine Bayer, Diane 35, BIA 10-2474, etc. »

L’ancien mandarin dégaine et tire aujourd’hui sur les décongestionnants de la sphère ORL (les « poudres de perlimpinpin », à base de pseudoéphédrine et sur les médicaments anti-Alzheimer « qui ne tiennent pas la route ». Un constat établi bien avant même le premier ouvrage de 2012 par quelques courageux indépendants, gratuitement sur France Culture.

Faire le ménage

Le Parisien met en scène le coauteur :

« Dans son bureau parisien où il nous reçoit sont classées des centaines de publications scientifiques, parues dans les meilleures revues de médecine anglo-saxonnes. C’est à partir de ces 20 000 études que le professeur Philippe Even classe les médicaments en fonction de leur efficacité. C’est la base du « Guide des 4 000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux », qui paraît demain, nouvelle version de son best-seller sorti en 2012 

« Nous avons tout repassé en revue. La conclusion principale est qu’un tiers des médicaments proposés ne servent à rien. C’est quand même énorme ! Ce taux d’inefficacité est particulièrement élevé dans le domaine de l’ORL (78 %) et en gastro-entérologie (62 %). Dans le domaine de l’allergie et de la nutrition, un sur deux n’apporte aucun bénéfice au malade. Il y a urgence à faire le ménage. »

 Ennemis et soutiens

Des soutiens ? Le collectif de médecins Formindep. « On partage l’essentiel de ses constats, notamment ses critiques sur la politique de santé en France, avec une mainmise des laboratoires. Nous dénonçons aussi les prescriptions massives de médicaments inutiles », indique au Parisien Jean-Sébastien Borde, l’un des membres du Formindep. Mais il compte aussi beaucoup d’ennemis. Le professeur Jean-François Bergmann, chef du service de médecine interne à l’hôpital Lariboisière, à Paris, ne retient pas ses flèches.

Des ennemis ? Le Pr Jean-François Bergmann, chef du service de médecine interne à l’hôpital Lariboisière :

« Even a toujours été un type bizarre. C’est un pneumologue qui fume, il se nourrit d’atypie. Au départ, pourquoi pas, c’est plutôt sympa. Quand il était doyen à la faculté de Necker, il était facile de briller devant ce public. Mais depuis quelque temps il a pété les plombs (…) l mélange le vrai, le faux, le pas prouvé… Je trouve que de façon générale il cultive le tous pourris. C’est un pamphlétaire qui devrait le rester et ne pas décider de faire des guides de médicaments.»

Le personnage n’est pas simple, l’autre tonton flingueur est silencieux. A l’heure de la deuxième rafale, de la dynamite et de la dispersion il faut choisir le casting: Lino Ventura : (Fernand Naudin), Bernard Blier (Raoul Volfoni), Francis Blanche (Me Folace, le notaire de Louis « le Mexicain »), Robert Dalban (Jean, le majordome) ou Jean Lefebvre  (Paul Volfoni, le frère de Raoul).

A demain

 

 

Une réflexion sur “Médicaments : les «tontons flingueurs» récidivent, au risque de lasser les spectateurs

  1. La loi impose que chaque professionnel de santé qui s’exprime dans les médias, doit déclarer ses conflits d’intérêt.
    Une recherche sur la base transparence-santé sur Jean François BERGMANN Paris :
    Entre 2012 et 2016 :
    Avantages 137 soit 22346 euros ( de 10 euros à 3600 euros pour 1 seul avantage)
    Conventions 116 ( la loi impose de faire apparaître les montants mais elle n’est pas appliquée)
    Ce sont des faits que chacun peut vérifier.
    Chacun peut juger des propos avec l’éclairage de ces liens d’intérêts ou pas !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s