Autisme : une centaine de Républicains ne sont pas parvenus à garroter la psychanalyste

Bonjour

On sait qui a perdu : le député  Daniel Fasquelle (Les Républicains). Rejoint par près d’une centaine de ses collègues du même uniforme (dont les médiatiques Laurent Wauquiez, Bernard Debré et Nathalie Kosciusko-Morizet) il entendait à interdire toute pratique psychanalytique dans la prise en charge des personnes souffrant de troubles autistiques. La déclaration de guerre à l’attention de la population française était ici. Et ici celle pour la représentation nationale.

Cette montée en ligne devait échauffer les esprits. Et on entendit des accents que l’on croyait oubliés. Les mêmes que ceux qui éclatèrent au 5,7 rue des Italiens quand, au début des années 1980 le haut du pavé de la toute-puissante psychanalyse française faisait le siège du Monde – un Monde qui entendait alors (Dr Claudine Escoffier-Lambiotte) donner la parole aux rares tenants du comportementaliste.

Analystes en robe de bure

 Les temps ont changé. Les acteurs ne sont plus ce qu’ils étaient et le mouvement de balancier a fait ce qu’il fait toujours : inverser le cours des passions, des pouvoirs, des savoirs. Et l’on en est venu à cette situation ahurissante : une tentative politique de régenter la thérapeutique. Un parfum d’affaire Lyssenko – une médecine en passe de céder à une idéologie.

On exagère bien sûr. Et pourtant on retrouvait l’interprétation des textes (celui de la HAS), des pédopsychiatres dénonçant presque une « science d’Etat » et des psychanalystes en robe de bure acceptant de prononcer leur mea culpa pour toutes les fautes passées.  Il y avait, surtout, cette forme de régression moderne qu’est la montée de la croyance, ces appels à asphyxier financièrement la psychanalyse pratiquée dans les espaces publics. « La psychanalyse ? Il y a des dimanches pour ça » entendit-on, à matines, sur France Inter.

A l’Assemblée nationale la secrétaire d’Etat chargée des Personnnes handicapées, Ségolène Neuville, docteure en médecine, a mis en lumière le risque  de dérive si les pouvoirs publics commençaient à s’immiscer dans les choix thérapeutiques. Elle s’elle opposée à la proposition de loi des Républicains. Elle a été largement suivie. La psychanalyse dans la prise en charge (non exclusive) des personnes souffrant d’autisme n’a pas été asphyxiée. Est-elle pour autant protégée ? Et doit-elle l’être ? Les passions n’ont guère éclairci la vérité chiffrée.

A demain

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s