Lumières thérapeutiques : jouer sur la couleur verte pour calmer les douleurs chroniques

 

Bonjour

« La santé c’est la vie dans le silence des organes » (René Leriche).On a beaucoup écrit sur la nécessité médicale de la douleur, symptôme éclairant  d’une pathologie émergente. Il en va tout autrement quand le phénomène s’installe, devient chronique. Ce n’est plus la douleur mais bien la souffrance. S’il devait exister on pourrait voir là un avant-goût des soufres de l’enfer.

Et puis, ici ou là, quelques lumières, scientifiques et médicales. Une équipe internationale, comprenant des chercheurs français (CNRS, Inserm) et espagnols (Conseil Supérieur de la Recherche Scientifique de Barcelone) vient d’annoncer avoir identifié (et pouvoir « contrôler »)  un des centres cérébraux associés aux douleurs chroniques. Cette découverte vient d’être publiée dans Molecular Psychiatry : Dynamic modulation of inflammatory pain-related affective and sensory symptoms by optical control of amygdala metabotropic glutamate receptor 4”. Elle fait l’objet d’un communiqué de presse du CNRS qui n’a malheureusement connu qu’une diffusion restreinte.

Désordres affectifs

Le postulat des auteurs était que les épisodes de douleurs chroniques (une personne sur cinq en a fait – ou en fera – l’expérience) est associée à des modifications du système nerveux central. Comment le cerveau module-t-il la douleur physique et les désordres affectifs et cognitifs qui l’accompagnent (anxiété majeure, perte des « émotions positives », hypersensibilité à la douleur etc.).

Ces chercheurs ont, ici, focalisé leur attention sur l’amygdale, une région du cerveau passionnante en ce qu’elle est impliquée dans la gestion de la douleur et des émotions. Puis ils ont réduit leur focale sur le récepteur du glutamate de type 4 (mGlu4). Il s’agit là du principal transmetteur des signaux de douleur dans le système nerveux des mammifères. Pour faire court, ce neurorécepteur « détecte la présence du glutamate et diminue, selon les besoins, sa libération au niveau de la synapse ». Voici la suite de leur travail :

« Afin d’étudier ces récepteurs, les chercheurs utilisent en général un ligand capable de les activer ou de les inhiber. Ils ont innové en créant un ligand particulier photo-contrôlable, l’optogluram, dont l’action sur mGlu4 est pilotée par la lumière. L’utilisation de fibres optiques leur permet alors de contrôler très précisément l’activation du neurorécepteur dans une zone donnée du cerveau. »

Souris libres et conscientes

Ces chercheurs ont travaillé  sur des souris « conscientes et libres de leurs mouvements » mais souffrant de douleurs inflammatoires chroniques. En activant l’optogluram par la lumière, ils ont pu inhiber de manière rapide et réversible ces symptômes douloureux. Ils démontrent ainsi que le cerveau de ces souris conservait sa capacité à contrer ces effets. Avec l’identification d’un modulateur capable d’agir sur la douleur chronique, ces travaux sont  porteurs d’espoirs thérapeutiques.

On parle ici d’ « optopharmacologie ». « Quand une lumière verte est projetée dans le thalamus via une fibre optique est allumée, l’animal atteint de douleur chronique inflammatoire se comporte normalement, poursuit Le Quotidien du Médecin. Quand cette lumière est violette, il redevient hypersensible à la douleur, se toilette moins et explore peu son environnement. » Moins se toiletter…

Amygdales et Parkinson

Cyrille Goudet chercheur au CNRS (Institut de génomique fonctionnelle, Université de Montpellier) :

 « L’amygdale est impliquée dans le contrôle des émotions, elle reçoit des infos provenant de diverses régions du cerveau pour intégrer les émotions dans la réponse à la douleur. Nos travaux ont mis en évidence que des récepteurs aux neurotransmetteurs régulent, dans certains circuits de l’amygdale, les symptômes liés aux douleurs chronique. »

 « L’optopharmacologie est une technique complémentaire à l’optogénétique. Cette dernière qui consiste à exprimer par manipulation génétique des canaux ioniques commandés par la lumière pour prendre le contrôle des neurones, l’optogénétique nous renseigne sur le rôle des différents circuits de neurones, tandis que l’optopharmacologie, nous permet d’agir sur les mécanismes naturels de ces circuits », et ainsi débusquer de nouvelles pistes pharmaceutiques. »

« Il n’existe pas encore de médicament agissant sur le récepteur, mGlu4. Des molécules sont toutefois en développement dans le traitement symptomatique de la maladie de Parkinson ».

On rapprocher ce travail de celui, récents (maladie d’Alzheimer)  où la rétine semble pouvoir devenir, comme avec l’hypnothérapie, une nouvelle approche soignante. L’espoir luirait-il ?

A demain

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