Ebola : un vaccin «100% efficace» mis au point en Guinée. L’Américain Merck a tous les droits

 

Bonjour

Après des décennies dans le désert, un oasis thérapeutique ? Parrainée par l’Organisation Mondiale de la Santé l’avancée fait l’objet d’une publication dans The Lancet : “Efficacy and effectiveness of an rVSV-vectored vaccine in preventing Ebola virus disease: final results from the Guinea ring vaccination, open-label, cluster-randomised trial (Ebola Ça Suffit!)”

Elle est aussi en majesté dans The New York Times : New Ebola Vaccine Gives 100 Percent Protection. Ce vaccin a pour nom  rVSV-Zebov (recombinant vesicular stomatitis virus-Zaire ebolavirus). Les éléments biologiques et virologiques présentés le 22 décembre par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) laissent penser qu’il s’agit bien là d’une avancée majeure contre l’infection par le virus Ebola – un virus qui (du fait notamment de l’inaction coupable de l’OMS)  a fait plus de 11 300 morts en Afrique de l’Ouest entre 2013 et 2015.

Ce vaccin a initialement été développé par le gouvernement canadien. Il avait expérimentalement été injecté, en Guinée, à 5 800 personnes ayant eu un contact avec une personne infectée. Aucun cas d’Ebola n’avait alors été observé chez les personnes vaccinées – contre 23 cas dans le groupe des non-vaccinés. « Ceci suggère fortement que le vaccin pourrait avoir une efficacité jusqu’à 100 % », se réjouit le Dr Marie-Paule Kieny, l’une des sous-directrices générales de l’OMS et dernière signataire de la publication du Lancet. Les auteurs ont calculé qu’ il y avait 90 % de chances que le vaccin soit à plus de 80 % efficace en cas de flambée épidémique. « La protection survient très tôt après la vaccination, mais nous ne savons pas si elle durera encore six mois après », reconnaît Mme Kieny.

France absente

Le géant pharmaceutique américain Merck Sharp & Dohme a acquis ses droits de commercialisation. Le processus d’autorisation de mise sur le marché auprès des agences américaine et européenne du médicament prend de longues années. Mais « s’il y avait un cas d’Ebola et une nouvelle épidémie nous sommes maintenant prêts à y répondre », a précisé Mme Kieny. Trois cent mille doses d’urgence pourraient être livrées avant sa commercialisation. Aucune information n’a été donnée sur les aspects économiques de ce dossier.  Autre limite : le vaccin actuel n’est efficace que contre la souche virale « Zaïre », et une autre variante doit encore être développée pour prévenir les infections contre la souche « Soudan » du virus Ebola.

L’essai vaccinal 1 a été conduit à Conakry et dans huit préfectures de Basse-Guinée. Il avait été autorisé par  la « Direction Nationale guinéenne de la Pharmacie et du Laboratoire » et par le « Comité National guinéen d’Ethique pour la Recherche en Santé » – ainsi que par le « WHO Ethical Research Committee » et le « Norwegian Regional Committees for Medical and Health Research Ethics ».

Alors même que tout s’est passé en Guinée francophone, on observera qu’aucune collaboration avec des équipes françaises n’a, ici,  été établie. Pourquoi ?

A demain

1 Ce travail a été financé par les organisations et institutions suivantes : WHO, UK Wellcome Trust, Médecins Sans Frontières, Norwegian Ministry of Foreign Affairs (through the Research Council of Norway’s GLOBVAC programme), and the Canadian Government (through the Public Health Agency of Canada, Canadian Institutes of Health Research, International Development Research Centre and Department of Foreign Affairs, Trade and Development). Les auteurs remercient la “Commission européenne”.

 

Une réflexion sur “Ebola : un vaccin «100% efficace» mis au point en Guinée. L’Américain Merck a tous les droits

  1. Afin de compléter cette information, je recommande la lecture de l’article suivant:
    https://www.rts.ch/info/sciences-tech/8263383-le-vaccin-jusqu-a-100-efficace-contre-ebola-avait-ete-teste-a-geneve.html
    Personnellement, je souhaiterais que les personnes toujours prêtent à critiquer les vaccins en général et le secteur de la recherche pharmaceutique en particulier se posent quelques questions. Pourquoi a-t-il fallu attendre plus de 10 ans pour trouver les fonds nécessaires pour initier une véritable étude d’efficacité (qui n’est d’ailleurs à ce jour qu’une étude « clinique » dérogatoire) ?
    Combien de traitements potentiellement efficaces dorment dans les tiroirs des laboratoires de recherche universitaires ou industriels faute de moyens disponibles ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s