2017 : la loi interdit la fessée. Aucune sanction n’est prévue si elle n’est pas respectée

 

Bonjour

« Ce qui change avec la nouvelle année » : le marronnier glacé des gazettes. Pour 2017 : le divorce à grande vitesse, le paquet de tabac neutralisé, le don d’organe facilité. Et l’interdiction de la fessée. Un fil rouge: la volonté de bien faire en s’y prenant bien mal. Aller plus vite avec l’illusion que l’on souffrira moins (le divorce). Confondre l’image et la cause d’une addiction (le tabac). S’emmêler dans les mots à l’heure de la mort (le don d’organe).

Penchons-nous sur la fessée 1. De quoi est-elle le nom ? Son interdiction annoncée résulte de l’interprétation d’un article du projet de loi « Egalité et citoyenneté » adopté dans les derniers jours de l’année 2016. Ce texte comprend un volet inédit concernant les « méthodes éducatives ». Son article 68 dispose que le deuxième alinéa de l’article 371-1 du code civil est complété par les mots : « et à l’exclusion de tout traitement cruel, dégradant ou humiliant, y compris tout recours aux violences corporelles ».

L’exercice de l’autorité parentale exclut désormais toute punition physique impliquant l’usage de la force et visant à infliger un certain degré de douleur ou de désagrément, aussi léger soit-il, dans le but de modifier ou d’arrêter un comportement estimé incorrect ou indésirable.

Frapper, pincer, tacler, secouer

Selon l‘Observatoire de la violence éducative ordinaire (OVEO), cela signifie que sont désormais interdits tous les actes de violence, qu’elle soit verbale et psychologique (crier, injurier, se moquer, humilier, mentir, menacer, culpabiliser, rejeter, chantage affectif…) mais aussi physique (gifler, fesser, pincer, tirer les oreilles ou les cheveux, donner des coups de pied, secouer, saisir brutalement, bousculer, pousser, contraindre l’enfant dans une position inconfortable, le priver de nourriture…).

 Qui pourrait être contre ? Qui oserait soutenir que la violence éducative pourrait être promue comme une vertu pédagogique ? Qui oserait contester que cette violence, officialisée, revendiquée, légitimée peut avoir des conséquences ultérieures d’une particulière gravité ? L’ OVEO explique sur son site :

« Depuis quinze ans, les recherches scientifiques ont prouvé que chaque violence subie par un enfant a des conséquences néfastes sur son développement et sa santé physique et psychologique (faible estime de soi, addictions, troubles alimentaires, dépression, comportements violents…). Ces violences, intériorisées, auront plus tard des répercussions sur la société tout entière. »

Symboles et marronniers

Voilà donc une belle et bonne intention. Et maintenant ? Rien, ou presque. L’objectif de la loi est une interdiction symbolique. Il s’agit de « favoriser une prise de conscience », de « changer l’attitude des adultes envers les enfants ». « La règle posée est de nature exclusivement civile et ne s’accompagne d’aucune sanction, explique l’OVEO. Nous attendons maintenant que cette loi soit accompagnée de campagnes d’information et de sensibilisation de l’ensemble de la société (enfants, parents, professionnels de l’enfance et de la santé…) et de mesures d’aide et de soutien aux parents afin de privilégier un accompagnement respectueux des enfants.

Au-delà de l’abolition de toute forme de violence envers les enfants, c’est le regard porté sur eux par les adultes qui doit changer et permettre des relations plus apaisées dans toute la société. »

Pourquoi, sur le fond, en vient-on à frapper ses enfants ? De quelles frappes parle-t-on ? Comment changer le regard des adultes sur les plus jeunes ? Comment apaiser notre société ? Ce sont là de bien beaux marronniers glacés.

A demain

 1 « Fessée » : Coups répétés donnés sur les fesses en guise de châtiment. Administrer, donner, ficher une (bonne) fessée (à un enfant).

-Donnons-lui une bonne fessée. Aussitôt, entourant le moine, les sœurs retroussèrent sa robe par-dessus sa tête et le frappèrent avec les poignées d’épines (France, Puits Ste Claire,1895, p. 21).

− Au fig. Donner une fessée à qqn. Lui infliger une humiliation. C’était pourtant un homme né, ce bon Gautier, et fait pour être un artiste exquis. Mais le journalisme, (…) le mutinage d’esprit (…), l’ont abaissé (…) au niveau de ses confrères. Ah! que je serais content si une plume grave comme celle du philosophe (…) leur donnait un jour une bonne fessée, à tous ces charmants messieurs! (Flaub., Corresp.,1852, p. 399).

 

3 réflexions sur “2017 : la loi interdit la fessée. Aucune sanction n’est prévue si elle n’est pas respectée

  1. Bonsoir,

    Vous parlez de marronniers au sujet de cette loi et des attentes de l’observatoire de la violence éducative ordinaire. Vous me semblez dubitatif.
    Je pense que cela va dépendre du décret, va-t-il impulser ces campagnes d’information, et de l’aide à la parentalité ou non.
    Je fais partie d’un groupe de parole de parents, et c’est très aidant. L’exemple de la suède est inspirant aussi.
    Et déjà, simplement poser que la fessée, emblème des violences physiques, dites légères, envers les enfants à titre éducatif, n’éduque qu’à la violence et n’a plus lieu d’être est déjà un changement de regard.
    Qu’est-ce qui vous semblerait pertinent comme mesures ?

  2. Bien entendu, la loi doit punir les auteurs de fessée.
    Une seule solution : les soumettre eux-mêmes à une fessée publique ( donc télévisée) administrée par un fessomètre électronique ( modèle e-fouettard homologué).
    Ne pas oublier de faire subir le même sort aux mères des petits animaux qui osent leur apprendre ainsi la survie.

  3. Quant à vouloir faire disparaitre les violences psychologiques faites aux enfants, une seule solution, empécher tout contact avec les autres, famille et école en tête. Ou mieux encore pour une santé publique absolue, euthanasie précoce médicalement assistée obligatoire.
    Les dégats de la contagion par le puritanisme made in USA et son obsession de la pureté sur nos esprits sont dramatiques. Seul le rire peut nous sauver !

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