Gastro-entérite ou dissection aortique ? L’histoire du Dr X. qui a refusé de se (re)déplacer

 

Bonjour

C’est une histoire à méditer. Elle commence il y a onze ans, dans le jardin de la France. Elle vient de connaître son avant-dernier épisode devant le tribunal correctionnel de Tours. Faisons court sur ce qui en dit long des aléas de la pratique médicale. Au printemps 2005 le Dr X. est appelé (par un tiers) à se rendre au chevet d’un malade qui se plaint de maux de ventre et de vomissements. Le généraliste pose un diagnostic :  gastro-entérite.  Le lendemain, nouvel appel : le beau-frère de son patient se dit totalement alarmé par l’évolution de la situation. Mais, cette fois, le Dr L… refuse de se déplacer. Il argue d’un emploi du temps surchargé. Il estime que l’état de santé du malade n’inspire pas d’inquiétude majeure.

En rester là

Le beau-frère appelle un confrère du Dr X. qui accepte de se déplacer. Il constate alors le décès. Une enquête préliminaire ouverte par le parquet conduit à une autopsie. Pas de gastro-entérite mais une dissection aortique ayant entraîné une « hémorragie intra-abdominale fatale ».

On aurait pu en rester là. Quelques semaines plus tard, l’affaire est classée sans suite. Puis (pourquoi ?) en novembre 2007 la famille du défunt décide de porter plainte pour « homicide involontaire ». Une expertise médicale va alors confirmer que l’hypothèse de gastro-entérite pouvait paraître « plausible ». Chacun sait que la dissection aortique est « difficile à diagnostiquer ». Erreur de diagnostic, certes, mais la faute médicale n’est pas établie. Une ordonnance de non-lieu est délivrée mais la famille décide de faire appel. A son tour, la juridiction supérieure écarte l’homicide involontaire. Le dossier est néanmoins renvoyé devant le tribunal correctionnel pour juger de la « non-assistance à personne en danger ». 

« Obnubilation de conviction »

C’est cette affaire qui était jugée et dont vient de parler La Nouvelle République du Centre Ouest (Pascal Denis).

« L’avocat de la famille a justifié cet acharnement de procédure en dénonçant la ‘’faute déontologique’’ commise par le médecin. ‘’A aucun moment, le Dr X.  n’a posé de question sur l’état de santé du patient quand son beau-frère l’a appelé’’. « Comment savait-il qu’une hospitalisation n’était pas nécessaire sans se renseigner davantage ?’’, s’est insurgé Me Penneau. Selon lui, le médecin a fait preuve d’une ‘’obnubilation de conviction’’, doublée d’une ‘’candeur sidérante’’. »

Où l’on entend que Me Penneau aime le maniement des mots para-médicaux.

« Pour la défense, Me Bardon a balayé ces accusations ‘’fantaisistes’’ en rappelant que le Dr X. n’avait fait l’objet d’aucune réprimande ni poursuite professionnelle. Tout comme le substitut du procureur, il a surtout souligné l’absence de preuve pouvant attester d’un péril imminent. ‘’ Comment un tiers qui n’était pas sur place pouvait-il juger de l’urgence de la situation ?’’, a-t-il interrogé en demandant la relaxe. »

Que dit le ministère public confronté à cette erreur de diagnostic ? Dans sa sagesse il s’en est remis aux conclusions des expertises médicales. Aussi n’a t-il pas demandé de peine particulière. Le jugement a été mis en délibéré. Nous en saurons plus le 13 février.

A demain

 

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