Radicalisation médicale: fin annoncée de la liberté d’installation et du secteur II (Manuel Valls)

 

Bonjour

Ironie : « Heureusement que Manuel Valls n’a pas été Premier ministre car nous aurions dégusté … » (Dr Claude Leicher, président de MG France).  Valls-Hamon-Peillon-Montebourg… Nous approchons du début de la primaire du Parti socialiste. Les gazettes ne publient plus de sondages mais nous susurrent que Manuel Valls serait peut-être sur le reculoir, que l’utopiste Hamon, soudain, séduirait ….

Plus loin, sur la droite, c’est Emmanuel Macron qui occupe le devant de la scène. Emmanuel Macron qui assure ne pas être une bulle mais bien une vague (montante).  Emmanuel Macron dont Le Monde (François Fressoz) affirme qu’il « rend fou les socialistes ».

Emmanuel Macron le séducteur, connecté-libéral, qui n’oublie plus le médical. Emmanuel Macron qui double Marisol Touraine sur le front de la Sécurité sociale. Marisol ministre avait rêvé le remboursement à 100 % des lunettes et prothèses auditives. Avec Emmanuel ce sera(i)t fait en 2022.

Santé administrée

Manuel Valls ? Désormais l’ancien Premier ministre érige l’accès aux soins en priorité des priorités. Il affirme sa volonté d’«en finir avec les dépassements d’honoraires en secteur II conventionné ». Il propose une « convergence tarifaire progressive vers un tarif unique et opposable ». Et puis, le 9 janvier, nouvelle salve, nouvelle recette radicale, cette fois contre la désertification médicale.

« Au vu des difficultés actuelles, nous n’avons plus d’autre choix que de limiter la liberté d’installation, déclare-t-il au Parisien Aujourd’hui en France. Je ne suis pas favorable à une santé administrée mais face à une forme d’impuissance, il faut avancer. » Dans son programme officiel, l’ancien Premier ministre  avait simplement affirmé vouloir intensifier la lutte contre les déserts médicaux et annonçait un « grand plan de la médecine de proximité avec les soignants et les patients ». Il s’était aussi déclaré pour la suppression du numerus clausus, en faveur d’une réforme des études médicales et des modes de rémunération afin de répondre aux aspirations des professionnels.

Impuissance-inefficacité

« En affichant sa ferme volonté d’encadrer la liberté d’installation, Manuel Valls tranche avec la politique du gouvernement qu’il a dirigé pendant les trois dernières années, rappelle Le Quotidien du Médecin. Lors des conclusions de la grande conférence de la santé, il y a moins d’un an (11 février 2016) le Premier ministre souhaitait alors mieux faire connaître les aides à l’installation des médecins, dans la foulée du pacte territoire-santé.

« Nous poursuivons ainsi notre objectif d’encourager l’installation des professionnels en secteur à tarifs opposables, afin de garantir l’accès aux soins à tous »,

Encourager hier, contraindre maintenant: cela s’appelle le changement. Et Manuel Valls ne prendre le risque d’affirmer chaque jour qu’il a changé.  Au-delà de l’ironie le Dr Claude Leicher, déplore la « démagogie politique poussée à l’extrême » de ce candidat socialiste : « C’est un discours d’impuissance et d’inefficacité. Il ne l’a pas fait car il ne peut pas le faire. Il faudrait obliger les gens à terminer leurs études de médecine, à choisir la médecine générale et à s’installer en médecine libérale là où on leur demande. Cela fait beaucoup d’obligations. »

Droit de chasse

Le président de MG France est dans le vrai : les responsables politiques français sont, sur ce front, dans une situation impossible. On vient de le voir avec la brutale reculade de François Fillon sur la Sécurité Sociale. Premier ministre Manuel Valls ne s’était guère intéressé aux questions médicales laissant Marisol Touraine ferrailler pendant des mois pour, in fine, obtenir un tiers payant généralisé que François Fillon entend détricoter.

Le responsable politique français n’est pas né qui pourrait exprimer sa volonté de toucher au secteur II et/ou à la liberté d’installation. Visser sa plaque où on le veut, être libre de dépasser ses honoraires comme on l’entend. Ce sont là des droits plus ou moins exercés mais auxquels le politique ne peut toucher sans prendre le risque d’être décapité. C’est l’équivalent de l’antique droit de chasse, des ces droits de passage dont on ne retrouve plus la trace dans le cadastre. C’est une relique d’un âge d’or qui n’a jamais existé, une symbolique qui doit rester hors des mains de l’exécutif.

On attend, sur ce front, les solutions d’Emmanuel Macron.

A demain

Une réflexion sur “Radicalisation médicale: fin annoncée de la liberté d’installation et du secteur II (Manuel Valls)

  1. Un médecin, particulièrement spécialiste ne s’installe pas par hasard dans une ville ou une autre :il est notoire que les spécialistes privilégient l’installation auprès du CHU auquel ils doivent leur formation …ils ont des contacts privilégiés, connaissent les équipes …

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