Grippe : la sérénité retrouvée de Marisol Touraine sur le perron du Palais de l’Elysée

Bonjour

Rassurer après avoir inquiété. Se rapprocher de la vérité. La tension sans le débordement. La ministre de la Santé Marisol Touraine a, dans la matinée du 12 janvier, reconnu que les hôpitaux français étaient sous « tension » face à l’épidémie de grippe mais assuré qu’ils n’étaient « en aucun cas débordés ». «La saturation aujourd’hui des services d’urgence n’existe pas» , a-t-elle encore affirmé.

La ministre s’exprimait à l’issue d’une « réunion de crise » organisée en urgence autour de François Hollande, président de la République. « Les hôpitaux aujourd’hui sont face à une situation de tension, ils ne sont en aucun cas débordés », a rassuré la ministre sur le perron du palais présidentiel.

Auto-centrage

Peu avant, sur France 2 : « Les hôpitaux sont en situation tendue, mais ils ne sont pas débordés et ils font face. Je suis aujourd’hui sereine quant à leur capacité à faire face aux besoins des malades. Ils prennent en charge dans de bonnes conditions tous ceux qui ont besoin d’être soignés. »

Avec cette discrète précision auto-centrée: « Depuis la mise en oeuvre des mesures que j’ai demandées, (la) pression s’est relâchée».

Sereine après avoir mis en scène son inquiétude ? Une réunion de crise pour découvrir qu’elle ne se justifiait pas ? Mauvais tempo. Timing ravageur. Il faut (et il faudra) tenir compte des conséquences politiques de la dramatisation ministérielle de ces derniers jours. Une dramatisation qui conduit, une nouvelle fois, à braquer les projecteurs médiatiques vers l’hôpital public. Avec, derrière lui, l’immense navire amiral de la Sécurité Sociale et les chaloupes, hors-bords et autres pédalos mutualistes. Le tout sur une mer démontée et, désormais, sans météo marine

A demain

2 réflexions sur “Grippe : la sérénité retrouvée de Marisol Touraine sur le perron du Palais de l’Elysée

  1. Bonsoir Monsieur Nau, merci pour votre article et votre analyse criante de vérité.
    Bel exemple d’une mauvais gestion, non seulement de la communication, mais bien au delà, des moyens humains que cela engage dans ses propres services nationaux et locaux et au sein des établissements déjà mobilisés sur le terrain.
    Retro pédalage le lendemain après une réaction importante des médias (rarement vu autant d’article sur la grippe dans la presse en si peu de temps)…
    Tout cela, au delà de générer inutilement du stress supplémentaire et de l’agacement à tout niveau, renforce cette croyance malsaine que l’Etat devrait tout assurer, que la mort ou la maladie n’est pas normale (contre lesquelles il faut lutter évidemment), que la mort à 90 ans est scandaleuse.
    Et après, nous nous étonnons que de plus en plus de procès s’ouvrent au moindre soupçon, que l’erreur n’est plus admise, qu’un coupable est toujours à trouver (autre que soi évidemment) et j’en passe.
    Notre société crève de cela, et c’est ce type de réactions, uniquement destinées à préserver leur image qui abaissent le monde au lieu de le responsabiliser.
    A quand des ministres qui auront un vrai courage…

  2. Aaah la dissonance cognitive ministérielle !

     » Les hôpitaux sont en situation tendue, mais ils ne sont pas débordés et ils font face. Je suis aujourd’hui sereine quant à leur capacité à faire face aux besoins des malades. Ils prennent en charge dans de bonnes conditions tous ceux qui ont besoin d’être soignés. »
    « «La saturation aujourd’hui des services d’urgence n’existe pas»  »

    Donc lorsque le même jour un gros ET un très gros services d’urgences de l’AP-HP ont « délesté » c-à-d fait dévier vers d’autres centres (les pauvres ) les ambulances/SAMU et Premiers secours de la BSPP (les pompiers), ce n’est pas par débordement. Surement que les personnels étaent allés à Dysneyland.
    C’est bon les gars on ferme on revient de suite. Circulez !

    La saturation « aujourd’hui », ‘a ‘ pas ! Un usage du présent de l’indicatif à la seconde près sans doute.

    Parfois on voudrait être Belge. Enfin comme les Bleges ont longtemps été. Sans gouvernement. Sans histrionage ministeriel permanent. Histrionage, léonardage, sont les deux mamelles de la femme comme de l’homme politique, allez, trois: vibrionage aussi.

    http://www.toupie.org/Biais/Dissonance_cognitive.htm

    https://fr.wiktionary.org/wiki/histrionage
    https://fr.wiktionary.org/wiki/histrion
    (Par extension) Personnage qui se donne en spectacle en usant d’effets outranciers.

    Mais qu’importe si l’histrion sans foi ne traine sur les planches qu’une âme usée aux débauches du corps et débite mécaniquement son rôle, pourvu que le spectateur ait la virginité de sa croyance au génie de l’artiste. — (Hippolyte Castille, Talleyrand, 1857)

    On se précipitait avec ardeur vers les jouissances matérielles : […]. Les hommes utiles et modestes vivaient dans l’oubli, tandis que les histrions et les courtisanes attiraient les regards. — (Général Ambert, Récits militaires : L’invasion (1870), p. 240, Bloud & Barral, 1883)

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