Grippe et « hécatombe » : les révélations du Parisien, les ombres de la canicule de 2003

 

Bonjour

Grippe, Marisol  Touraine est redevenue seine ; Le Parisien ne l’est pas qui nous promet des « révélations sur une hécatombe » (Elsa Mari, Florence Méréo et Vincent Mongaillard) :

« Sur la dernière semaine de 2016, le nombre de décès est bien supérieur à la moyenne, déjà habituellement élevée en janvier. Un diagnostic confirmé par l’Observatoire européen de la mortalité, dont les derniers chiffres sont tombés jeudi. Pour la première semaine de janvier, la France est en « excès important » de décès, tout comme l’Italie. Le Portugal traverse, lui, un phénomène ‘’très important’’ ».

 « La grippe va faire des milliers de morts cet hiver. Impossible pour l’heure de savoir si le bilan de 18 300 décès supplémentaires pendant l’épidémie de 2014-2015 sera dépassé. Mais ce qui est sûr, c’est que le fléau frappe très fort en cette saison de froid, alors même que son pic n’a pas encore été atteint à l’échelle nationale. » 

 Funéraire et marbrerie

Le quotidien cite le virologiste Bruno Lina (omniprésent dans tous les médias) qui évoque la virulence et la prégnance du A(H3N2), contemporain des pavés latins de 1968. Et Le Parisien d’aller plus loin que le marronnier des urgences et de s’intéresser à l’activité des entreprises de pompes funèbres et des crématoriums. A commencer par la Confédération des professionnels du funéraire et de la marbrerie (CPFM) :

« On est à l’extrême limite mais, pour le moment, on tient. Il ne faudrait surtout pas que ça s’amplifie, sinon on ne pourrait plus avoir un accompagnement idéal. Une agence nous a dit que son activité habituelle du mois de janvier avait été cette année réalisée en moins de deux semaines. Par rapport à 2015, soit c’est plus fort, soit c’est plus concentré dans le temps. »

 Certification électronique des décès

Et Le Parisien de décliner : «  Un centre funéraire : «On a dû rappeler des employés en vacances» » ; « A Lyon, les familles doivent patienter » ;  « Le crématorium du Père-Lachaise saturé » ; « Un prêtre en Essonne constate «Un tiers d’enterrements en plus» ».

Tout ceci n’est pas sans rappeler les premières alertes (non entendues) des entreprises funéraires de la petite et de la grande couronne parisienne lors de la canicule de 2003 – lorsque Jean-François Mattei, alors ministre de la Santé (gouvernement Raffarin), témoignait de sa sérénité au journal télévisé. Ces interrogations sur la surmortalité qui sera enregistrée imposent, aussi, de soulever une nouvelle fois la question de la numérisation des certificats médicaux de décès.

En toute logique les autorités sanitaires devraient, dans un pays aussi moderne et centralisé que la France, pouvoir disposer en temps réel des causes médicales de décès et des chiffres associés. Quatorze années après la canicule de sinistre mémoire, la grippe de 2017 vient nous le rappeler.

A demain

 

2 réflexions sur “Grippe et « hécatombe » : les révélations du Parisien, les ombres de la canicule de 2003

  1. (pas pour publication)
    Sous le pont Mirabeau , coule la Seine…
    Mme Touraine se jetterait-elle du pont ?
    Seine et sauve qui peu ?
    « Grippe, Marisol Touraine est redevenue seine « 

  2. Alors des grippes…. Qui en voit? parce qu’en Normandie, on est censé être en « zone rouge », les interventions non urgentes ont été reportées, Mais de grippe, les médecins généralistes n’en voient pas. Des décompensations de BPCO, des crises d’asthmes, des chutes de personnes âgées, des Poussées d’insuffisances cardiaques….. plein d »autres causes d’augmentation de la mortalité hivernale, habituelles pour les médecins, mais pas de grippes (quelques unes, certes, mais pas de seuil épidémique). Le réseau sentinelle n’existe plus (fermé pour cause de « non rentabilité »). Comment compter les grippes sans typage viral des syndromes grippaux? Marisol Touraine rassure donc une France non inquiète…. Elle a mis en route un plan d’économies hospitalières qui aboutit in fine à la fermeture d’environ 5000 lits: Qui lui rappelle que ce sont ceux qui auraient pu accueillir les grippés cet hiver sans reporter les interventions « non urgentes » (mais lourde, comme la chirurgie carcinologique)? De quelle complaisance les journalistes font-ils preuve envers elle? Pourquoi personne ne lui pose ces questions? A-t-on peur de la faire pleurer comme dans l’hémicycle au milieu des grèves de médecins?

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