Au bout du rouleau : l’histoire, édifiante, du généraliste de Brest qui va dévisser sa plaque

 

Bonjour

C’est une histoire que l’on pouvait lire le 14 janvier dans Le Télégramme : « La colère d’un médecin breton » (Catherine Le Guen). Qu’un quotidien de la presse quotidienne régionale puisse publier un tel témoignage en dit long sur la dégradation de la situation générale. Pour des raisons, indirectes, de confidentialité Le Télégramme a changé son nom. Ce sera le « Dr Paul. »:

« Installé à Brest depuis 1981, le Dr Paul, médecin généraliste, va bientôt partir à la retraite, sans avoir pu trouver un successeur. Avant, il veut témoigner des difficultés de la profession et tenter de faire bouger les choses, lui qui a vécu le choc de perdre son associé suite à un épuisement professionnel.

« ‘’Je suis en colère et je veux créer un électrochoc chez les médecins – il y en a beaucoup qui ne vont pas bien – mais aussi au niveau des politiques et de la population en témoignant sur la situation actuelle de la profession. Il faut casser le tabou et parler du suicide des médecins’’, témoigne-t-il ».

Son cabinet médical est situé dans un quartier agréable de Brest. Solitaire : il ne pouvait plus assurer le salaire de la secrétaire qui a dû être licenciée. Et le jeune médecin de 35 ans venu collaborer quelques mois après le décès de son associé est lui aussi reparti.

« Avant l’été, il aura dévissé sa plaque et le cabinet médical, pourtant récent et aux normes pour l’accessibilité des personnes handicapées, devra trouver une autre destination. D’autres confrères brestois ont déjà mis la clef sous la porte sans suite.

« ‘’Les jeunes médecins ne veulent plus s’installer, ils préfèrent faire des remplacements. Même à Brest, une ville universitaire ! Mais on ne parle jamais des raisons’’, ajoute le médecin qui a écrit des dizaines de courriers aux autorités de santé, sans réponse. ‘’Seul le directeur de la CPAM du Finistère m’a reçu et écouté pendant une heure’’ ».

La foi et le Vatican

Le temps, finalement, est passé trop vite. En début de carrière, le Dr Paul passait entre dix et quinze minutes avec chaque patient. « Quand il a fallu passer cinq minutes avec le patient et dix minutes avec les papiers à remplir, j’ai décidé de prendre vingt minutes par patient ».

« En 2013, j’étais moi-même au bord du burn-out et j’avais affiché dans la salle d’attente un texte où je parlais des cinquante médecins qui se suicident chaque année en France, de la pression administrative, mais aussi de celle des patients, de leurs demandes urgentes non justifiées et de l’agressivité réservée souvent à la secrétaire ». Un texte qui se terminait par ‘’Un médecin, si on veut être bien soigné, ça se respecte, mais si on lui met trop la pression, il peut aussi craquer’’. »

Pour le médecin brestois la désertification médicale n’est pas liée au « climat » ou à l’«isolement des villages ». « Les jeunes ont peur de tout ce qu’on nous impose, des contraintes administratives, du tiers payant qu’on a pourtant combattu et qui va accentuer la pression, dit-il. Et surtout ils nous voient fatigués ! ». La fatigue, voilà l’ennemie. Installé avec l’arrivée de la gauche au pouvoir le Dr Paul va partir avec la prochaine élection présidentielle. Trente-six ans de fatigues.

Demain, dans Ouest-France, les confidences d’un curé au bout du rouleau ? Un prêtre expliquant qu’au terme de son sacerdoce il a, du fait du Vatican, perdu la foi ?

A demain

3 réflexions sur “Au bout du rouleau : l’histoire, édifiante, du généraliste de Brest qui va dévisser sa plaque

  1. Je suis hospitalier ça bosse aussi beaucoup 32 semaines d’astreinte en 2016 pour mes soixante ans, et je me suis dit terminé la continuité du soin n’est plus mon problème à partir de 2017
    Au dessus de nous des directeurs,des administrateurs qui nomment et dénomment les médecins .
    Et puis on me considère en absence irrégulière pour un demi jour de formation où j’ai perdu le papelard. Bof j’ai pas pu prendre les RTT 2016
    Ca n’est pas correct. Et on ne sait pas qui garde les gardiens.
    Avec le glissement des tâches où on remplit de l’activité et de la paperasse pour des systèmes qualités avec des branleurs de tous poils.
    Je trouve que tout ça est géré comme des usines de boites à clous, et je vois ce que je n’ai jamais vu auparavant, des médecins en arrêt maladie qui se prolongent.
    Mais bon il reste le plaisir de travailler ensemble.
    Je crois que dans de mauvaises conditions, la solitude est éprouvante, et on n’a pas toute la vie la force de la quarantaine, même si c’est prévu de poursuivre jusque 67 ans.
    Bref ce système se mord la queue à traiter des personnes instruites et qui ont des idéaux, comme des sous fifres ou des exécutants sans vision sur ce qu’ils font.
    Ça peut générer du désintérêt et de la médiocrité.
    Ou bien un mai 2018 après mai 68 ?
    OK c’était un peu un billet d’humeur, j’aime bien mon travail, mais J’ai un sentiment de gâchis

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