Un cas inquiétant de la forme humaine de la maladie de la vache folle au Royaume-Uni

 

Bonjour

C’est une lettre (médicale et scientifique) qui inquiète. Elle vient d’être publiée dans le dernier numéro du New England Journal of Medicine. La voici : « Variant Creutzfeldt–Jakob Disease in a Patient with Heterozygosity at PRNP Codon 129 ». Un groupe de treize spécialistes dirigés par le célèbre Pr John Collinge (University College London Institute of Neurology) évoque la possibilité de l’émergence d’une deuxième vague de l’épidémie de variante humaine de la maladie de Creutzfeldt-Jakob. (Il existe trois formes de la maladie de Creutzfeldt-Jakob : héréditaire, sporadique et la ‘’variante’’ acquise lors d’une contamination par un prion pathologique PrPSc). On se souvient de cette épidémie atypique survenue dans l’ombre portée de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB ou maladie de la « vache folle »). C’était il y a vingt ans.

L’inquiétude vient aujourd’hui d’un cas qui n’aurait jamais dû survenir si l’on s’en tient aux acquis génétiques élaborés lors de la première vague de l’épidémie : ce malade présente en effet une signature atypique de la maladie et un génotype jusqu’ici considéré comme une forme de protection contre la pathologie.

Changements de personnalité

Les spécialistes britanniques rapportent ainsi le cas d’un homme de 36 ans qui, en août 2015, ce patient est adressé au centre de référence du prion du Royaume-Uni (United Kingdom National Prion Clinic). Au cours des neuf mois précédents, cet homme présentait des changements de personnalité marqués notamment par une irascibilité marquée, des pertes de mémoire, une ataxie, des crispations involontaires. L’examen clinique objective des mouvements oculaires anormaux. Un tableau compatible avec la variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob. L’IRM met pour sa part mis en évidence des anomalies (ganglions de la base, hypothalamus, insula, et noyau médial du thalamus).

L’état du patient a continué à se détériorer. Décès en février 2016. L’autopsie confirme le diagnostic de variante maladie de Creutzfeldt-Jakob (présence de plaques dans le cervelet et le cortex cérébral, agrégats de PrPSc retrouvés dans les tissus hépatiques.

Premier d’une seconde vague

Autant d’éléments qui, réunis, troublent les spécialistes britanniques. Le tableau ne correspond pas à la définition codifiée de la maladie acquise par contamination alimentaire, les données d’imagerie plaidant en faveur d’une forme sporadique à la différence de la signature moléculaire. Les auteurs ne peuvent qu’avancer une hypothèse qui pourrait avoir de redoutables conséquences : ce malade pourrait être le premier d’une seconde vague de malades contaminés par voie alimentaire longtemps après une consommation de viande d’animaux atteints d’ESB.

Cette inquiétude résulte plus précisément de la génétique : depuis 1996, tous les cas de variante de la variante de la maladie de Creutzfeldt Jakob sont survenus chez des personnes dites « hétérozygotes 129 Met/Met » du gène codant pour la protéine prion. Aussi les génotypes « 129 Val/Val » ou « 129 Met/Val » étaient-ils jusqu’à présent considérés comme « protecteurs » contre la maladie. Or le cas rapporté par les chercheurs anglais est celui d’un un génotype « 129 Met/Val ». « Il est possible que ce génotype ne fasse qu’allonger l’incubation de la maladie », suggèrent les auteurs. Le phénomène avait déjà été observé dans une pathologie neurodégénérative voisine : le kuru. Cette hypothèse n’est en rien rassurante. Le génotype «129Met/Val » est le plus fréquent dans la population générale au Royaume-Uni. Les auteurs de cette lettre souligne l’importance d’une vigilance accrue.

A demain

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