Faudrait-il vraiment retirer sous peu l’implant stérilisant Essure® du marché français ?

 

Bonjour

Dans les « affaires sanitaires » il y a toujours un moment où les plaignants sont reçus au ministère de la Santé. Parfois même par la ministre en personne. Le pont-levis se baisse. Le château s’entrouvre aux malheureux. C’est la réplique des antiques réceptions des doléances par le seigneur et roi. La suite, on le voit, correspond rarement aux attentes de l’une ou l’autre des deux parties.

Vendredi 20 janvier, à Paris, des responsables de l’association Resist (Réseau d’entraide, de soutien et d’informations sur la stérilisation tubaire) sont entrées dans le château républicain de l’avenue de Ségur. Les doléances portaient sur Essure, un « dispositif contraceptif définitif ». Essure® : nom de la marque d’une technique de stérilisation féminine commercialisée en France par la multinationale allemande Bayer. Et une affaire qui se développe depuis quelques semaines dans les gazettes, féminines ou pas.

Portrait d’avocat

Les plaignantes entendaient, nous apprend Le Monde (Patricia Jolly), qu’Essure® soit « retiré du marché », et ce « au nom du principe de précaution, dans l’attente des résultats des expertises médico-judiciaires ». Elles n’ont pas été entendues – et elles souhaitent le faire savoir. Me Charles -Joseph-Oudin, leur avocat, s’y emploie avec un certain succès dans les médias. L’homme en noir est sur plusieurs fronts, défenseur de victimes du Mediator® et de la Dépakine®. Cela lui a valu un très gentil portrait dans le supplément du Monde : « L’avocat qui fait trembler les labos ».

« Essure® » ? La modernité incarnée : un implant composé de fibres de polyéthylène téréphtalate, d’un alliage nickel-titane et d’acier inoxydable. Il est placé dans la partie proximale de chaque trompe (dispositif est guidé par un cathéter inséré par voie vaginale ; réaction tissulaire d’occlusion des trompes). « Essure®permanent birth control »:

« Essure® est la seule méthode de contrôle ne naissance permanent que vous pouvez obtenir avec une procédure non chirurgicale. Il peut vous aider à arrêter de vous soucier d’une grossesse qui serait non planifiée. La procédure Essure® est généralement achevée en une dizaine de minutes et peut être effectuée au cabinet de votre médecin. »

Remboursés par la Sécurité Sociale

Un million (environ) d’Essure® ont été prescrits et vendus dans le monde. En France, remboursés par la Sécurité sociale depuis 2005, plus de 20 000  sont posés chaque année. L’affaire tient au fait qu’on soupçonne cet implant d’être associé à une vaste gamme d’effets secondaires : allergies au nickel présent dans l’implant, douleurs pelviennes chroniques, nécessité de réopérer les patientes pour stabiliser ou retirer le dispositif instable. Me Joseph-Oudin ajoute : règles hémorragiques, violentes douleurs pelviennes, rapports sexuels douloureux,  douleurs musculaires et articulaires, tachycardie, perforation d’organes, réactions allergiques ou auto-immunes,  fatigue chronique.

« L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé – ANSM – et le cabinet de la ministre de la santé, Marisol Touraine, ont bien conscience qu’il y a un problème lié à la pose du dispositif Essure et à sa composition, a déclaré Me Joseph-Oudin au Monde. Mais ils attendent les conclusions dans quelques semaines de deux études épidémiologiques. L’une menée par l’ANSM à partir de données de l’Assurance-maladie, et une autre demandée à Bayer par la Food and Drug Administration, l’autorité de santé américaine. »

Silence classique

Il y a aussi, en parallèle, une procédure d’indemnisation engagée par trois plaignantes contre Bayer HealthCare. Elle doit être examinée, lundi 23  janvier, par le tribunal de grande instance de Bobigny avant d’être renvoyée à plus tard. « Notre objectif est de faire nommer des experts qui se prononceront sur les pathologies énoncées et le dispositif , explique encore Me Joseph-Oudin qui compte aussi faire  » prendre en charge «  le coût des expertises par Bayer HealthCare. C’est de l’ordre de 3 000  à 4 000 euros par dossier. Environ deux cents dossiers sont en cours de constitution.  Ce serait pour Bayer une bonne façon de manifester son intention de faire la lumière sur cette affaire. »

La lumière ? Où est-elle ? Le conseil de Bayer HealthCare n’a pas répondu aux sollicitations du Monde. Un grand classique : Big Pharma ne parle qu’à son avantage. Et ne répond jamais, ni au téléphone, ni aux doléances.

A demain

 

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