Dépakine : Philippe Even, ou comment devenir en quelques heures un prophète de malheur

 

Bonjour

Le pire est parfois le plus sûr. « De nouveaux soupçons pèsent sur la Dépakine » titrait, hier, Le Journal du Dimanche (Anne-Laure Barret). Où l’on découvre, une fois encore, Philippe Even « coauteur d’un best-seller iconoclaste sur les médicaments ». Aujourd’hui il « porte à nouveau l’estocade contre les autorités de santé ». Aujourd’hui il « porte à nouveau l’estocade contre les autorités de santé ».

A dire vrai Philippe Even s’était déjà exprimé sur le sujet de manière « terrifiante ».  C’était une exclusivité réservée, le 5 janvier dernier, aux « Grandes Gueules » de RMC-BFM TV.

Plongée dans le dossier

Ancien doyen de la faculté de médecine de Necker, Philippe Even a un ami qui est inquiet pour son fils qui, semble-t-il, aurait été exposé à la Dépakine. Il a alors « plongé dans le dossier » et a découvert que « cet antiépileptique très efficace a un effet imprévisible sur le génome ». Il lui a suffi pour cela de « quelques heures dans la littérature scientifique anglo-saxonne ». Selon lui la prescription à des femmes enceintes « pourrait être la partie désormais immergée d’un plus vaste scandale sanitaire ». « Ce produit est non seulement dangereux pour le fœtus mais aussi pour le jeune enfant », affirme-t-il. Extraits :

« En fouillant sur les moteurs de recherche spécialisés, le Pr Even a réalisé que le valproate de sodium, la substance commercialisée par ­Sanofi sous le nom de Dépakine et par d’autres laboratoires sous d’autres appellations, pouvait modifier l’expression de certains gènes. La lecture de ces quelque 200 articles scientifiques permet d’entrevoir pourquoi cette molécule donne une très grande diversité d’effets nocifs, particulièrement délétères quand ils surviennent chez un être en construction. En clair, le médecin alerte sur un risque épigénétique qui serait resté hors des écrans de contrôle des autorités. »

Plus grande prudence

Le JDD cite, à l’appui de Philippe Even, les biologistes moléculaires français Sébastien Chateauvieux et Franck Morceau. Ils « ont étudié pendant plusieurs années la toxicité du valproate sur les cellules » et travaillent au Luxembourg pour la fondation « Recherche Cancer et Sang » au « Laboratoire de Biologie moléculaire et cellulaire du cancer ».

Le Pr Stéphane Auvin, neuropédiatre à l’hôpital Robert-Debré à Paris, appelle quant à lui à la plus grande prudence avant de tirer des conclusions dramatiques de publications scientifiques. « Le valproate peut modifier l’épigénétique mais on ne sait pas si c’est dans un sens positif ou négatif. Un article suggère que cet effet favorise l’apprentissage de la reconnaissance de notes de musique! On a plutôt tendance à se méfier d’effets négatifs sur les apprentissages, et en particulier sur l’attention. » Le Pr Auvin rappelle une nouvelle fois, que la Dépakine est le seul médicament efficace pour certaines patientes.

Légende de Pandore

Le JDD cite encore le Dr Hubert Journel, médecin généticien à l’hôpital de Vannes (Morbihan) qui fut l’un des premiers à s’inquiéter des possibles effets secondaires de la Dépakine prescrite durant la grossesse.

« Lui aussi a lu les publications pointues qui inquiètent Philippe Even. Mieux, il collabore à la mise en place d’un projet de recherche sur ce sujet. « Oui, il y a une potentialité épigénétique en lien avec le médicament mais ses répercussions possibles demeurent mystérieuses. Les modifications qui peuvent être apportées par l’épigénétique pendant la grossesse ont des conséquences disparates, comme le suggèrent les signes cliniques très variés dus à l’exposition au valproate. La question est : comment met-on tout cela en équation? » ».

C’est bel et bien la question. On interroge Philippe Even. Ce phénomène est-il dangereux ? « Terriblement, répond-il. Le risque épigénétique de mort des cellules est crucial, même si, pour l’instant, les détails restent encore assez mystérieux. C’est l’ouverture de la boîte de Pandore. » On sait que la boîte de Pandore (la première femme) était en réalité une jatte. Ou plus précisément une amphore. On sait aussi que c’est une légende.

A demain

 

4 réflexions sur “Dépakine : Philippe Even, ou comment devenir en quelques heures un prophète de malheur

  1. j’ai entendu en direct Even. Il dit avoir lu « 5000 études américaines et 200 études européennes ». prodigieux ! Tout cela en quelques mois, peut-être quelques semaines.
    Jamais il n’a précisé qu’il s »agissait d’études animales .
    Avec lui, l’épigénétique devient un cauchemar terrifiant !
    Il a tenu un discours de peur et de catastrophisme , séduisant ainsi ses interlocuteurs de cette « radio bistrot » que sont les « Grandes Gueules ». L’un des participants était prêt à inciter son beau-frère à arrêter son traitement.

    Cette attitude est non seulement pathètique mais elle est extrêmement dangereuse. Combien cet ancien pneumologue a t-il soigné d’épileptiques ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s