Grippe : dans le brouillard de la surmortalité ; personnel étrangement sous-vacciné des EPHAD

 

Bonjour

Quels souvenirs garderons-nous de janvier 2017 ? Peut-être, simplement les tourmentes, vilenies et autres  scandales politiques pré-présidentiels. Ou les messages radiophoniques orwelliens, récurrents, glaçants nous hurlant que la grippe est survenue plus tôt qu’à l’accoutumée. Dans les deux cas, le citoyen court aux abris. Est-ce vraiment l’effet recherché.

Aujourd’hui, 25 janvier, les gazettes moulinent un chiffre : 8 100 « décès supplémentaires ». C’est un chiffre qui ne veut pratiquement rien dire, faute du retard pris par la France en matière de « certification électronique des certificats de mortalité ».  Résumons. Il s’agit ici de morts excédentaires, comparés à la mortalité attendue directement imputable à la grippe. Elle serait « de l’ordre de 75 % », si l’on en croit le Dr François Bourdillon, directeur général de « Santé publique France ».

Grande sévérité

Ce chiffre est à comparer à celui relevé à la fin des neuf semaines d’épidémie de grippe A de l’hiver 2014-2015, au cours desquelles 18 300 décès supplémentaires avaient été enregistrés. Que dire de plus ? Le Dr Bourdillon lui-même dit à la presse qu’il est pour l’instant impossible de savoir si le nombre de décès supplémentaires à la fin de l’épidémie sera comparable à celui relevé en 2015. Mais comme il faut bien qualifier faute de décompter il parle d’une épidémie d’une grande sévérité.

 Plus intéressantes sont les données colligées dans les Etablissements d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD). Santé publique France s’est penchée sur les 10 000 établissements où 12 000 résidents répartis dans 1 393 « foyers infectieux » ont, depuis octobre, été victimes d’une « infection respiratoire aiguë » – dont « 39 % de cas de grippe ». À la date du 24 janvier on recensait 362 morts en EHPAD des suites d’une infection respiratoire aiguë. Là encore, point n’est besoin d’être grand clerc épidémiologiste pour pressentir tous les biais statistiques et méthodologiques.

Il est un EPHAD pour lequel on peut nourrir un intérêt médiatique et politique tout particulier : l’EPHAD Korian-Berthelot, dans le 7ème arrondissement de Lyon (compter 100 euros par jour et par personne en chambre individuelle) qui avait enregistré treize morts entre le 23 décembre 2016 et le 7 janvier 2017. La moyenne d’âge des personnes décédées était de 91,5 ans.

Failles vaccinales dans les EHPAD

A la demande de Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, l’ARS Auvergne Rhône-Alpes « avait immédiatement lancé le 6 janvier » une mission de l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS). Objectif : « contrôler la mise en œuvre par l’établissement, depuis le début de l’épidémie, des recommandations des autorités sanitaires de lutte contre la grippe ».

Vingt jours plus tard le Pr Benoît Vallet, Directeur Général de la Santé, est revenu sur ce dossier devant la presse. « Le rapport de la mission de l’IGAS a été transmis aux agences régionales de santé pour une discussion contradictoire, a-t-il précisé. Les conclusions seront communiquées d’ici à une semaine. » Attendons.

Selon les chiffres présentés par le Pr Vallet, 83 % des résidents en EPHAD ont été vaccinés contre la grippe cette année. Soit près du double des 46,4 % observés chez les dix millions de Français les plus vulnérables. En revanche, seulement 12 % des personnels travaillant en EPHAD sont vaccinés. Chacun en tirera les conclusions qui, quand la logique médicale sera respectée, s’imposeront.

A demain

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