Effet Dépakine : jamais plus d’anti-inflammatoires ni d’aspirine à partir du 6ème mois de grossesse !

Bonjour

Voilà, déjà, un effet « post-Dépakine ». L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) vient, toutes affaires cessantes, de lancer une alerte : « Rappel : Jamais d’AINS à partir du début du 6ème mois de grossesse ». C’est un « rappel », certes, mais un rappel qui dit que les informations précédentes n’ont pas été suivies d’effet. Le précédent rappel datait de décembre 2003…. Cette contre-indication s’applique à une très large gamme de médicaments faisant l’objet d’une forte consommation -médicaments prescrits ou en vente libre. Elle s’applique que soit la durée de traitement et la voie d’administration : notamment orale, injectable, et cutanée.

Mort fœtale in utero ou néonatale

Cette alerte, nous dit l’ANSM, fait suite à « des données préliminaires issues d’une étude indiquent qu’un nombre important de femmes enceintes sont encore exposées à des AINS prescrits à partir du début du 6ème mois de grossesse, malgré les contre-indications mentionnées dans les autorisations de mise sur le marché ». On ne sait pas de quelle « étude » il s’agit ni quelle est la proportion des femmes ainsi exposées. On ne sait rien, en somme, si ce n’est que les contre-indications essentielles ne sont pas respectées. Comment est-ce, à ce point, possible ?

« Un nombre important de femmes enceintes restent exposées à des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) à partir du début du 6ème mois de grossesse (au-delà de 24 semaines d’aménorrhée). L’ANSM rappelle donc que tous les AINS (ex : ibuprofène, kétoprofène, diclofénac…), y compris l’acide acétylsalicylique (aspirine) sont contre-indiqués à partir du début du sixième mois de grossesse, quelle que soit la durée du traitement et la voie d’administration (voie orale, injectable, cutanée…).

 « Ces médicaments peuvent en effet être toxiques pour le fœtus, même après une seule prise, avec un risque d’atteintes rénale et cardio-pulmonaire pouvant entraîner une mort fœtale in utero ou néonatale. »

Responsabilité des pharmaciens

Il faudra expliquer que les AINS sont utilisés dans un grand nombre d’affections, notamment pour soulager ou traiter les douleurs, la fièvre et l’inflammation (articulaires). Un grand nombre de ces médicaments sont disponibles sans ordonnance et peuvent être utilisés en automédication. L’AINS le plus utilisé en France est l’ibuprofène :  Advil®, Rhinadvil®, Nurofen®, Brufen®,  Upfen®, Motrin®, Spedifen®, Solufen®, Antarene®.

« L’ANSM rappelle aux femmes enceintes, à leur entourage, ainsi qu’à tous les professionnels de santé, que les AINS sont formellement contre-indiqués à partir du début du 6ème mois de grossesse (au-delà de 24 semaines d’aménorrhée). Cette contre-indication s’applique à tous les AINS, y compris l’aspirine, qu’ils soient sur prescription médicale ou en vente libre, quelle que soit la durée de traitement et la voie d’administration : notamment orale, injectable, et cutanée. Cas particulier : le célécoxib (Celebrex®) et l’étoricoxib (Arcoxia®) sont contre-indiqués pendant toute la grossesse. »

Et l’ANSM de faire appel au citoyen : « la vigilance de chacun est indispensable pour éviter toute exposition d’une femme enceinte à des AINS pendant cette période à risque (que ce soit dans le cadre d’une prescription ou en automédication). » Un message qui concerne aussi, et peut-être même au premier chef, les pharmaciens.

A demain

4 réflexions sur “Effet Dépakine : jamais plus d’anti-inflammatoires ni d’aspirine à partir du 6ème mois de grossesse !

  1. Enfin, les effets secondaires des médicaments viennent sur le devant de la scène.

    Ici, ce sont des médicaments de « confort » que l’on pensait sans doute à tord sans effets secondaires parfois graves, vue la prescription quasi systématique.
    Qui rappelle que les médicaments avec de pseudoéphédrine sont responsables d’AVC (je viens de connaître un exemple chez un patient de 58 ans amateur de ces traitements sans ordonnance mais ignorant du risque)

    Quand est-ce que les médecins arrêteront de prescrire des médicaments pour des maladies bénignes qui guérissent sans traitement?

  2. Bonjour,
    La liste des spécialités réputées contenir de l’ibuprofene est incorrecte.
    Voltarene et diclofenac n’y ont pas leur place. Le diclofenac est un autre AINS. C’est le principe actif de Voltarene, Voltarenactigo.
    Comme toujours, je reste surpris que la vente d’un AINS grand public se passe sans interroger le client sur la personne devant utiliser le médicament. Nous questionnons systématiquement la personne sur la grossesse même s’il s’agit d’un sujet masculin car nous souhaitons nous assurer du sexe du futur utilisateur et faire passer le message de ce risque particulier.
    Cordialement,
    Rémi Dufourcq-Lagelouse
    Pharmacien

  3. Je fais mes vérifications sur le site spécialisé de l’hôpital Trousseau de Paris, et je donne l’URL à mes patientes. Le Vidal lui, donne infiniment moins de renseignements.
    De toutes façons le Vidal ne donne même pas la classe pharmaceutique des molécules, ne donne pas la pharmacocinétique pour toutes …

    http://lecrat.fr/medicament.php
    Le Centre de Référence sur les Agents Tératogènes (CRAT)

    J’ai toujours une petite torsion de nez devant les institutions qui s’autodésignent Institut, Institut International, Haut Machin , Référence, Pôle d’excellence , journal de référence (suivez mon regard) … mais ce site m’aide beaucoup. Un « must » n’ayons pas peur des mots.

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