L’esclavage de mères porteuses : avoir tort avec J.-P. Sartre plutôt que raison avec R. Aron ?

 

Bonjour

Un nouveau livre vient de sortir sur les mères porteuses : « La fabrique des bébés, Enquête sur les mères porteuses dans le monde » (Editions Stock, 18 euros). Il est signé de Natacha Tatu, journaliste à L’Obs. Les choses étant bien faites dans certains médias L’Obs donnait il y a peu des extraits de cet ouvrage.

Flore

Demain c’est Libération qui se fend d’une critique du même ouvrage. Etrange recension signée de Geneviève Delaisi de Parseval, psychanalyse que l’on dit proche du Parti socialiste et habituée des colonnes de Libération. Que nous dit Mme de Parseval ? Que l’ouvrage de Mme Tatu « fait un sort aux clichés qui entourent la GPA ». Or rien, précisément n’est moins sûr. Prenons cet extrait de Libé :

« Natacha Tatu raconte l’histoire d’une jeune femme mère de deux enfants de 7 et 9 ans : on lui a transféré l’embryon d’un couple étranger puis elle est allée dans une surrogate house confortable jusqu’à l’accouchement, ses enfants sont venus la voir une fois par semaine avec leur père, ouvrier agricole. Elle a rencontré une fois les futurs parents. Puis elle est rentrée chez elle, à 50 kilomètres de là.

«Sur son compte en banque il y a les 50 dollars qu’elle touche chaque mois, plus 4 000 dollars à la naissance. L’équivalent de dix ans de salaire : une vraie fortune quand on gagne moins d’un dollar par jour. Elle s’est acheté un «toit en dur», puis un lopin de terre, puis un bœuf, peut-être deux. D’autres mères financeront les études de leurs enfants dans des écoles privées. Les histoires, toutes différentes, se succèdent dans ce seul chapitre, remarquable. »

Deux Magots

Puis Mme de Parseval glisse que, « de manière un peu malicieuse », Mme Tatu oppose en fin d’ouvrage (chapitre «Féministes contre féministes») les points de vue diamétralement opposés d’Elisabeth Badinter et de Sylviane Agacinski. Toutes deux, dit-elle, sont « agrégées de philo, de gauche… ». On voit mal où est, ici la malice… L’affrontement qui oppose Mmes Badinter et Agacinski est l’un des plus radical, des plus violents qui puissent être.

« Qui sommes-nous pour juger ? » conclut la psychanalyste. S’interdire de juger parce que l’on ne sait plus qui on est ? Or, précisément l’histoire indienne qu’elle rapporte interdit de jouer au relativisme, à l’identité troublée. C’est bien d’esclavage qu’il s’agit.

Et c’est ainsi que l’on croit voir resurgir, devant l’antique église de Saint-Germain-des-Prés, la vieille question du grand plaisir d’avoir tort avec Sartre plutôt que raison avec Aron. On connaît, dans les grandes lignes, la suite.

A demain

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