Zola et Marx revisités : les déshérités sont ceux dont les mortalités sont les plus prématurées

 

Bonjour

Des chiffres pour confirmer ce que chacun pressentait. Et, pour cela, une longue publication du Lancet : « Socioeconomic status and the 25 × 25 risk factors as determinants of premature mortality: a multicohort study and meta-analysis of 1·7 million men and women »

Les innombrables auteurs (dont quelques français) ont analysé les données de plus d’1,7 million de personnes recensées dans quarante-huit études de cohorte. Objectif : étudier la part de responsabilité des conditions socio-économiques dans la mortalité – en les comparant à celle des facteurs de risques déjà identifiés par l’OMS. L’initiative « 25×25 », qui vise à diminuer la mortalité causée par les maladies non transmissibles de 25 % à l’horizon 2025, cible l’alcool, la sédentarité, le tabac, la consommation de sel, le diabète, l’obésité et l’hypertension.

 « Nous avons découvert que l’association entre le statut socio-économique et la mortalité est aussi forte et pertinente, que celle entre la mortalité et les facteurs de risque de l’initiative 25×25, et ceci dans tous les pays, écrivent les auteurs, dirigés par la Dr Sylvia Stringhini (Institute of Social and Preventive Medicine and Departments of Psychiatry and Internal Medicine, Lausanne University Hospital).  Traduire : des conditions socio-économiques peu favorables (travail peu qualifié, bas revenu, faible niveau d’éducation) sont associées à une perte de 2,1 ans de vie pour les hommes et femmes âgés de 40 à 85 ans.

Truismes

 « Le statut socio-économique est important parce qu’il est un résumé d’une exposition, pendant toute une vie, à des conditions et des comportements dangereux », observe le Pr Paolo Vineis (Department of Epidemiology and Biostatistics, Imperial College London), chef du projet européen Lifepath financé par la Commission et dans lequel ce travail s’inscrit.

Après enquête observationnelle Emile Zola et Victor Hugo l’avaient écrit. Le tabagisme, le confinement, le diabète, l’alcoolisme, le travail abrutissant, l’école au compte-goutte  ne sont généralement pas des facteurs qui aident à vivre plus longtemps que la moyenne. Forts de leurs chiffres nos auteurs modernes portent un regard critique sur tous les programmes qui prennent trop peu en compte la « dimension socio-économique », préférant les seuls facteurs de risque classiques.

Ils appellent, logiques, les autorités à mener des politiques de santé ciblées sur les conditions socio-économiques, à l’échelle locale, nationale, et internationale – à commencer par la réduction générale de la pauvreté. C’est là un bien bel objectif. Il semble bien que, depuis Marx Karl,  The Lancet ne soit pas le premier à l’afficher.

A demain

 

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