Incroyable mais vrai : la «défavorisation sociale» augmenterait le risque de cancer pulmonaire

 

Bonjour

Le jargon est, aussi, un symptôme. Ouvrons la dernière livraison du Bulletin épidémiologique hebdomadaire de l’agence sanitaire « Santé publique France ». On y trouve une étude « la première du genre en France 1. Qu’y apprend-on ? Rien que l’on ne sache (ou pressente) déjà, à savoir que « près de 15 000 cas de cancer pourraient être évités chaque année par une amélioration des conditions de vie et de la santé des populations les plus défavorisées ». En d’autres termes l’environnement socio-économique n’est pas sans conséquences sur l’incidence de la maladie cancéreuse. Qui, hormis les fatalistes et les nouveaux adeptes de la post-vérité, en aurait un instant douté ?

Mieux encore ce travail confirme ce qui peut se dire de bien des manières : le « sur-risque »  des cancers des voies respiratoires et digestives hautes affecte pour l’essentiel les populations des milieux défavorisés. « La détermination sociale de certains facteurs de risque comme la consommation de tabac, les expositions professionnelles ou les polluants atmosphériques explique sans doute une partie importante des différences observées », explique Joséphine Bryère, chercheuse à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

Sabir

La part des cas de cancers attribuables à un environnement socio-économique défavorisé était la plus importante pour les cancers du larynx (30 %), des lèvres-bouche-pharynx (26,6 %), du poumon (19,9 %) et de l’œsophage (16,7 %) chez les hommes, et, chez les femmes, pour les cancers des lèvres-bouche-pharynx (22,7 %) et du col de l’utérus (21 %) et de l’estomac (16,4 %). Tout cela peut se dire autrement, dans un triste sabir tricotant truismes et néologismes à connotations politiques :

« Grâce au calcul de la fraction attribuable, ce travail permet également d’estimer que, pour les localisations dont le risque augmente avec la défavorisation sociale, près de 15 000 cas de cancers pourraient être évités en France chaque année par une amélioration appropriée des conditions de vie et la promotion de la santé des populations les plus défavorisées, ce gain potentiel étant plus important chez l’homme que chez la femme et maximal pour les cancers du poumon.

« Pour faire face à ces inégalités, nos résultats confirment la nécessité de renforcer les efforts de prévention et de promotion de la santé ciblés sur les populations les plus à risque et, plus généralement, l’application du principe de l’universalisme proportionné, dans le cadre de l’allocation raisonnée de ressources toujours plus limitées. Au-delà des interventions à mettre en place dans le champ sanitaire et social, la préoccupation de réduction des inégalités sociales de santé doit être permanente dans les choix politiques intersectoriels, concernant par exemple l’éducation, l’urbanisation, les transports et l’emploi. »

Où l’on voit, plus d’un siècle après Alfred Jarry, que quand les portes ouvertes sont dépassées il n’y a vraiment plus de limites.

A demain

1 « Environnement socioéconomique et incidence des cancers en France » Joséphine Bryere et coll. U1086 Inserm-UCBN, Cancers et préventions, Équipe labellisée Ligue contre le cancer, Caen, France

 

3 réflexions sur “Incroyable mais vrai : la «défavorisation sociale» augmenterait le risque de cancer pulmonaire

  1. Le ridicule de la boursouflure emphatique n’est pas rétro-régulé par la crampe de l’écrivain…. (je singe).

    On est dans un style post-taubiresque, néo-mélenchonien : tout substantif sera affublé de 2 ou 3 épithètes synonymes, le tout prononcé avec force et élévation et cela sera qualifié d’éloquence remarquable par la foule prosternée.

    On donne dans l’ampoulisme pompeux à diarrhée épithétique. Ces gens se relisent-ils ?
    Je me souviens pourtant que des professeurs (de droite favorisée) enseignaient cela en faculté de médecine dans les années 70…. L’alcoolisme, les cancers des voies aeriennes et digestives hautes touchant les classes sociales pauvres. Mais ce n’était sans doute pas scientifique ….

    On peut s’amuser à faire des phrases en changeant l’ordre des « éléments de jargon »:
    préoccupation de réduction – allocation raisonnée – universalisme proportionné – défavorisation sociale – ciblés sur – intersectoriels.

    Quant à « défavorisation sociale » c’est un néologisme à logique linguistique douteuse. On voit ce que cela veut dire , on ne comprends pas comment.

    Le BEH fait belle concurrence au pédagogisme de bureau de l’Education Nationale et à ses déplacements autonomes en milieu aquatique profond standardisé …

    Merci pour ce billet divertissant !

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