Mystique et politique: Emmanuel Macron, le candidat d’«En marche!» assume sa verticalité

 

Bonjour

On lit des choses étranges, parfois, dans Le Journal du Dimanche. Ainsi, aujourd’hui les « confidences sacrées » d’Emmanuel Macron. Des confidences ferroviaires faites, qui plus est, peu après le départ en TGV du vieux bastion communiste de Saint-Pierre-des-Corps. La France est un pays riche qui sait dépasser ses apparentes contradictions. Un séjour un petit nuage en Touraine et le candidat d’ « En Marche! » s’est confié au JDD sur son charisme, sur la nature du lien qu’il veut établir avec les électeurs et sur sa propre mystique… Extraits :

« La politique, c’est mystique. » […] « C’est tout mon combat. C’est une erreur de penser que le programme est le cœur d’une campagne. Les médias passent du commentaire d’un point de détail mineur du programme aux pires polémiques, et ainsi de suite. »

« Comment se construit le pouvoir charismatique? C’est un mélange de choses sensibles et de choses intellectuelles. J’ai toujours assumé la dimension de verticalité, de transcendance, mais en même temps elle doit s’ancrer dans de l’immanence complète, de la matérialité. Je ne crois pas à la transcendance éthérée. Il faut tresser les deux, l’intelligence et la spiritualité. Sinon l’intelligence est toujours malheureuse. Sinon les gens n’éprouvent de sensations que vers les passions tristes, le ressentiment, la jalousie, etc. Il faut donner une intensité aux passions heureuses. »

« La dimension christique, je ne la renie pas ; je ne la revendique pas. Je ne cherche pas à être un prédicateur christique. »

Transcendance-immanence

Où l’on comprend que ne pas chercher à être un prédicateur christique ne signifie pas que l’on ne sait pas que l’on en est un. Où l’on comprend, aussi, que (même « sans programme ») l’homme sait comment on échafaude un pouvoir charismatique -et comment on peut avoir conscience d’assumer la « dimension de verticalité » (entendre de transcendance). Où l’on s’interroge, enfin, sur la nature de l’ancrage transcendance-immanence, sur le malheur de l’intelligence, sur cette marche entreprise entre les éthers infinis et la lourdeur de la matérialité. C’est là, tout simplement, pour le commun des mortels, une marche ascensionnelle.

« La politique, c’est mystique » confie-t-il à Anna Cabana qui n’attendait sans doute pas cette manne tombée à Saint-Pierre-des-Corps. Plus tard, vers Vendôme, Orléans, Beaugency, Notre-Dame-de-Cléry (et le Dauphin si gentil…),  Emmanuel ajoutera : « La politique, c’est comme la littérature, c’est un style. » Est-ce dire que le mystique l’est aussi ? Puis le TGV arriva à Montparanasse. Dans le lointain, des cloches….

Un style ? « Quand il les eut mises en branle ; quand il sentit cette grappe de cloches remuer sous sa main ; quand il vit – car il ne l’entendait pas – l’octave palpitante monter et descendre sur cette échelle sonore comme un oiseau qui saute de branche en branche ; quand le diable musique, ce démon, se fut emparé du pauvre sourd, alors il redevint heureux, il oublia tout, et son cœur qui se dilatait fit épanouir son visage. »

C’était Quasimodo qui sonnait les cloches de Notre-Dame. Et c’était Victor Hugo.

A demain

 

 

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