Génétique: souhaitez-vous connaître vos risques d’être victime de la perte de vos cheveux ?

 

Bonjour

C’est le type de publication scientifique dont raffolent les gazettes généralistes et les magazines féminins. On la trouve ce matin (gratuitement) sur le site de PLOS Genetics : « Genetic prediction of male pattern baldness ». C’est un travail considérable qui a consisté à démêler le fuseau des gènes que l’on imagine impliqués dans les bases biologiques de la perte des cheveux. Ou, pour résumer, de la calvitie ; cette alopécie diffuse, progressive, apparaissant notamment chez les individus du sexe masculin.

C’est, ici, un travail écossais dirigé par Saskia Hagenaars et David Hill (Université d’Edimbourg). Ils sont parvenus à identifier plus de 250 régions génétiques impliquées dans ce phénomènes aux frontières du pathologiques (« We identified over 250 independent genetic loci associated with severe hair loss (P<5×10-8) ».)  Cette découverte algorithmique a été réalisée grâce aux prélèvements biologiques effectués sur 52.000 hommes volontaires, âgés de 40 à 69 ans, chauves ou pas, enrôlés dans la UK Biobank.

Héritages maternels

Cette publication est un progrès quand on sait que jusqu’ici seuls quelques gènes suspects avaient été identifiés par les généticiens enquêtant sur les mystères de l’alopécie. Ce n’est pas tout : à partir de leurs résultats statistiques les chercheurs écossais ont créé une formule pour tenter de prédire les risques, pour un homme donné, de vieillir chauve – et ce en fonction de la présence ou de l’absence de certains marqueurs génétiques.

Attention : il faut ici encore savoir raison garder. « Même si des diagnostics individuels précis sont encore hors de portée, ces résultats peuvent contribuer à identifier des sous-groupes de la population où le risque de perte de cheveux est nettement plus élevé, précise l’AFP. Un grand nombre de gènes identifiés dans ces travaux jouent un rôle dans la structure des cheveux et leur développement. « Nous avons identifié des centaines de nouveaux signaux génétiques, dont un grand nombre sont liés à la calvitie masculine, qui proviennent du chromosome X dont les hommes héritent de leurs mères », explique Saskia Hagenaars.

« Revue des Deux Mondes »

Où l’on voit, une nouvelle fois, le poids des mères dans le destin des hommes et les limites actuelles de la génétique pour remplacer la Pythie et Elisabeth Tessier. Où l’on comprend, aussi, que la question du caractère pathologique ou pas du phénomène n’est pas tranché. On rappellera ainsi que la calvitie peut être « hippocratique » (elle laisse subsister une bande de cheveux dans les régions occipitale et pariétales).

On rappellera surtout que par métonymie le mot désigne une personne à la fois respectable d’un certain âge. Ainsi Alphonse Daudet écrit-il : « (…) le roi se fit donc conduire à son cercle, y trouva quelques calvities absorbées sur de silencieuses parties de whist (…) ».   Les calvities, alors, étaient absorbées. La génétique balbutiait avec Gregor Mandel, moine catholique féru de pois. Nous étions en 1879 et l’ouvrage avait pour titre Les Rois en exil. L’ouvrage fit l’objet d’une longue recension par Ferdinand Brunetière dans la (déjà) célèbre Revue des Deux Mondes. On peut la lire  ici Gratuitement.

A demain

 

 

 

 

Une réflexion sur “Génétique: souhaitez-vous connaître vos risques d’être victime de la perte de vos cheveux ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s