« Tuer le cancer pour 486 euros » : l’Académie de médecine se saisira-t-elle de l’affaire ?

 

Bonjour

Le temps fait (parfois) bien les choses. Prenons l’exemple de l’Académie nationale de médecine. A l’ombre des Deux Magots cette institution prérévolutionnaire (historiquement parlant) traverse de nouveaux tourments. Après avoir étonnement su se renouveler la voici à nouveau tourmentée par ses vieux démons. Transcendance ou immanence ? Se sanctifier ou tenter la sécularisation ? Des questions qui font immanquablement songer aux propos tenus il y a quelques jours par Emmanuel Macron – candidat dont on attend toujours sa vision de la médecine, de sa pratique et de son éthique.

L’Académie nationale de médecine entend aujourd’hui évoluer pour mieux peser sur la politique et la société. C’est ainsi que, mardi 21 février, elle innove : un débat magistral intitulé « Le Droit de savoir ». Mieux : le « premier débat public de l’Académie nationale de médecine ». Son thème : « Dépistage des cancers. Pour ou contre ». L’affaire sent la poudre. Claude Jaffiol, actuel président de l’Académie, sera suivi de Hélène Sancho-Garnier (membre correspondant), Frédéric de Bels, (responsable du Département Dépistage de l’INCa), Brigitte Séradour (radiologue), Catherine Hill (Institut Gustave Roussy), Jacques Rouëssé (membre), Guy Launoy (épidémiologiste) ….. Stéphanie Barré (Département Dépistage du Pôle Santé Publique et Soins de l’INCa) et Grégoire Moutel (ancien responsable du groupe de recherche sur l’éthique du dépistage et ancien membre du Comité d’éthique et de déontologie de l’INCa).

Financement public

Or on sait que depuis quelques semaines une technique se proposant de mieux dépister les cancers pour « les tuer » fait l’objet d’une promotion médiatique intensive touchant de larges pans de la population 1 Si cette technique soulève certaines espérances la médiatisation de sa commercialisation ne va pas sans soulever quelques problèmes médicaux, économiques et, corollaire, éthiques. Sa mise au point et son développement  doivent beaucoup au financement (public) de l’INCa. Or, précisément, l’INCa se refuse obstinément à répondre aux questions qui peuvent lui être posées sur ce sujet. Sans fournir l’ombre d’une explication. Pourquoi ?

« Tuer le cancer pour 486 euros » n’est certes pas au programme de la séance académique du 21 février. Pour autant le thème retenu, la qualité des intervenants et la présence de trois représentants de l’INCa (Frédéric de Bels, Stéphanie Barré, Grégoire Moutel) laisse penser que le sujet pourrait être enfin publiquement abordé. Cela serait aussi, pour la vieille et noble Académie, une première.

A demain

1 « ‘’Tuer le cancer’’ pour 486 euros : sur France Inter, l’affaire du Pr Paterlini-Bréchot » Journalisme et santé publique, 19 janvier 2017

« Peut-on « tuer le cancer pour 486 euros » ? Interrogé l’INCA ne répond pas. Pourquoi ? » Journalisme et santé publique, 5 février 2017

 « ‘’Tuer le cancer pour 486 euros’’ ? Le bon sens médical selon Patrizia Paterlini-Bréchot » Journalisme et santé publique, 18  février 2017

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