Combien de soignants violentés avant que Mme Touraine fasse ouvrir la porte de son cabinet ?

 

Bonjour

Il faut donc désormais compter avec « l’agression de l’hôpital de Soissons » ? C’est peu dire que la profession médicale est, une nouvelle fois, choquée de ces quelques lignes de L’Union de Reims :

« Ce samedi matin 18 février, aux environs de 7 heures, un patient a agressé un médecin aux urgences de l’hôpital de Soissons. Il a été frappé d’un coup de poing qui l’a fait tomber. À terre, il a pris un coup de pied qui lui a fracturé la jambe droite. ‘’Il s’est présenté avec une éraflure superficielle à l’avant-bras, raconte le Dr Marc Moukanni. Je lui ai donné une ordonnance de médicaments et lui ai dit d’attendre 8h30 : s’il avait encore mal, on lui ferait une radio’’.»

Au 180, Boulevard Haussmann, à Paris, le conseil national de l’Ordre des médecins a pris la mesure de l’affaire. Il vient d’exprimer son « émotion et sa colère ». Ce n’est pas tout :

« Alors que plusieurs drames ont endeuillé notre profession ces dernières semaines, cette nouvelle agression rappelle l’absolue nécessité et l’urgence de garantir la sécurité des personnels soignants dans l’exercice de leur mission auprès des populations.  Dans un contexte d’escalade de la violence à l’encontre des personnels soignants, l’Ordre des médecins réitère à la ministre de la Santé sa demande d’être reçu, avec des représentants des Ordres des infirmiers et des sages-femmes, afin de définir les mesures à adopter pour assurer la protection des professionnels de santé. Le Conseil national de l’Ordre des médecins rappelle, aujourd’hui plus que jamais, l’importance pour les médecins de pouvoir exercer leur profession en toute sécurité, dans l’intérêt des patients. »

Hématome cérébral

Ce n’est pas la première fois, loin s’en faut, que l’institution ordinale alerte, publiquement ou pas, le gouvernement. On se souvient d’une demande solennelle formulée à la fin du mois d’octobre dernier. C’était après la « claque monumentale » suivie d’un « hématome cérébral » dont avait été victime le Dr Corinne Joyeux, médecin généraliste frappée dans son cabinet de Châtellerault (Vienne). L’agresseur, jeune père de famille de 26 ans avait été écroué pour six mois.

Contacté par le Quotidien du Médecin le Dr Patrick Bouet, président de l’Ordre des médecins avait salué cette condamnation comme étant une « décision exemplaire ».  « L’Ordre s’était porté partie civile, il y en a assez de ces agressions, a déclaré le Dr Bouet. Une condamnation de cette nature répond à notre exigence. Nous nous battons depuis plusieurs années pour que soit reconnue la gravité des agressions contre les médecins et pour garantir la sanctuarisation des cabinets médicaux. »

L’Ordre national a d’ores et déjà demandé une audience au ministre de l’Intérieur – et attend une réponse ferme de la ministre de la Santé. Contacté par le Quotidien, le ministère de la Santé gardait, alors, le silence. Il y aura, bientôt, quatre mois.  Combien faudra-t-il de ces suppliques pour qu’un responsable politique réagisse ?

A demain

 

4 réflexions sur “Combien de soignants violentés avant que Mme Touraine fasse ouvrir la porte de son cabinet ?

  1. Il y a de cela 2 décennies lorsqu’on était agressé aux urgences en tant que soignant ,la direction de l’hôpital refusait de porter plainte estimant que c’était l’affaire du professionnel de santé qui n’avait qu’à se débrouiller avec la plainte et l’agresseur…Enfin les directions hospitalières se réveillent ….

  2.  » violenter » a un sens général posant un refus ou un conflit avec l’assaillant conduisant à la brutalité pour forcer ou obliger. Or ce qui est de plus en plus fréquent c’est que le médecin soit frappé sans justement de préalable ou de contrainte. Le terme assailli, agressé ou l’expression victime de violence sont plus pertinents car exprimant mieux l’asymétrie comportementale. Ce n’est pas anodin car « violenter » pointe le commentaire précédent.

    • Merci. Toutefois (CNRTL):
      Violenter qqn
      Exercer des violences à l’encontre de quelqu’un. Il violentait ses élèves, les traitait de brutes et cachait des idées avancées, sous sa raideur correcte à l’égard du curé et du maire (Zola, Terre, 1887, p. 56).Si je violentais tous les hommes, je serais seul au monde, et perdu. Si je fais d’un groupe d’hommes un troupeau, un bétail, je réduis d’autant le règne humain (Beauvoir, Pyrrhus, 1944, p. 116).

  3. un ami infirmier aux urgences est en arrêt depuis son agression en décembre. L’agresseur voulait « casser du soignant ». Le jugement est en Juin, je l’espère à la hauteur…

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