Alerte au paludisme : le parasite résistant à l’artémisine est présent sur le continent africain

 

Bonjour

C’est une correspondance inquiétante. A lire dans la dernière livraison du New England Journal of Medicine : « Emergence of Indigenous Artemisinin-Resistant Plasmodium falciparum in Africa ».  Vingt-et-un auteurs dirigés par Jun Cao (Jiangsu Institute of Parasitic Diseases Wuxi, China) parmi lesquels Didier Menard, Institut Pasteur du Cambodge, Phnom Penh).

Correspondance inquiétante : elle établit l’émergence de la résistance du principal parasite du paludisme à l’artémisine sur le continent africain, plus précisément en Guinée équatoriale. L’identification du parasite résistant a été faite en Chine sur un citoyen chinois. Agé de 43 ans ce dernier avait contracté le paludisme en Guinée où il avait travaillé durant vingt mois. Le diagnostic avait été porté à l’hôpital de Jiangsu deux mois après son retour en Chine.

Confrontés à des difficultés thérapeutiques, l’équipe chinoise a voulu en savoir plus en nouant une collaboration internationale. Par séquençage il a pu être démontré que le Plasmodium falciparum était porteur de la mutation K13. Les chercheurs ont cherché à établir si cette souche était bien originaire de Guinée équatoriale. Après avoir séquencé le génome entier du parasite, l’équipe du laboratoire du Pr Arnab Pain (King Abdullah University of Science and Technology, Thuwal, Saudi Arabia) a conclu à l’origine africaine de la souche parasitaire.

Euphémisme

Les premières souches résistantes de ce type sont apparues en 2008 au Cambodge. Puis le rôle du gène mutant K13 (principal agent de résistance en Asie du Sud-Est) a été démontré en 2014 par des chercheurs de l’Institut Pasteur à Paris et au Cambodge. « La propagation de la résistance à l’artémisinine en Afrique serait un revers dans la lutte contre le paludisme », craint le Pr Arnab Pain qui, ici, a identifié l’origine africaine. Revers est ici un euphémisme.

En octobre 2015 nous rapportions la très vive inquiétude des spécialistes au vu de l’évolution des données et de résultats expérimentaux : « Paludisme : le spectre asiatique de la résistance à l’artémisinine se rapproche de l’Afrique » (Journalisme et santé publique, 21 octobre 2015). Pour l’heure la résistance observée en Asie du Sud-Est reste partielle, nécessitant d’associer l’artémisinine à d’autres antipaludéens et de prolonger la durée de traitement, l’OMS redoute que le Plasmodium falciparum ne finisse pas développer une résistance totale à l’artémisinine. Si tel devait être le cas la situation serait, tout simplement, catastrophique.

A demain

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