Qui offrira une attachée de presse au président du Comité économique des médicaments ?

Bonjour

On sait que l’on ne sait rien sur les coulisses de la fixation des prix des médicaments. C’est un espace où le dogme contemporain de la transparence n’est encore jamais parvenu à s’imposer. Trop d’enjeux, trop d’argent, trop d’impossibilités de dire la vérité vraie.

Au cœur de la machinerie secrète : le bunker du Comité économique des produits de santé (CEPS).  Il est, depuis un an, présidé par Maurice-Pierre Planel. M. Planel parle peu. Quelques étranges confidences en juin dernier  autour du charismatique Sovaldi®. Et puis, il y a quelques jours, une sortie rapportée par Le Quotidien du Médecin qui, avec la chaire santé de l’ESSEC et l’Association des cadres de l’industrie pharmaceutique, organisait les « Amphis de la santé ».

Ironies

M. Planel fut  alors (enfin) interrogé sur les « accusations d’opacité » visant son Comité – accusations régulièrement formulées par des associations de patients ou de professionnels de santé. Le président du Comité a « répondu sans détour » : « Mes critères d’appréciation du prix des médicaments et mon discours technique sont inaudibles par rapport aux campagnes de communication menées.Je n’ai pas d’attaché de presse ». Sans doute était-ce là une forme de douce ironie.

Car, autre ironie, l’action du CEPS est « très encadrée », a précisé Maurice-Pierre Planel. Le code de la Sécurité sociale détermine les critères de fixation des prix, et l’accord-cadre triennal du CEPS et du LEEM  définit les modalités de négociation avec chaque entreprise des prix des médicaments remboursables par la Sécurité sociale. Sans oublier les éventuelles « lettres d’orientation » du ministère de la Santé. Où l’on comprend que le citoyen ne sait rien de ce qui se trame avec cette forme d’argent public et solidaire qui est consacré au médicaments remboursés.

Coulisses démocratiques

Transparence ? « Maurice-Pierre Planel a également répondu à un autre grief formulé de façon récurrente, la non-publicité des débats du CEPS, rapporte Le Quotidien du Médecin. Des institutions comme la Haute Autorité de santé (HAS) ou l’Agence nationale de sécurité des médicaments (ANSM) y sont soumises, mais pas le CEPS, a rappelé son patron. Un apparent paradoxe lié au fait que les procès-verbaux des travaux du Comité font référence à des secrets industriels des laboratoires, dont la confidentialité est garantie par la loi. » Nous ne saurons donc jamais rien, comme toujours quand le capital, les actionnaires anonymes et les retours sur investissements priment tout. Et encore :

« Les récentes avancées dans le domaine de l’oncologie interpellent le comité. Jusqu’à présent, le CEPS acceptait de payer cher un nouveau médicament offrant quelques mois de survie. Mais aujourd’hui, les nouveaux produits offrent une durée de survie bien supérieure. « On va vers la chronicisation de ces pathologies », rappelle Maurice-Pierre Planel qui assure ne pas vouloir payer au prix fort des produits qu’on prend durant des années. »

Où l’on comprend que des questions éthiques, médicales et économiques essentielles se règlent dans les sombres coulisses démocratiques. Proche, dit-on, de Marisol Touraine, titulaire d’une maîtrise de droit public à l’université de Nice, M. Planel est un ancien administrateur du Sénat. Qui lui offrira, au plus vite, une attachée de presse ?

A demain

 

 

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