Lutter contre le cancer réclame-t-il de dépenser l’argent public en «création publicitaire» ?

Bonjour

Nous n’avions pas compris : l’Institut National du Cancer (INCA) ne répond pas aux questions qu’on lui pose. C’est lui qui parle et dispose. Interrogé il y a plusieurs semaines sur le plus que controversé test ISET de dépistage du cancer (486 euros, non pris en charge) l’INCA n’a toujours pas répondu.  Aujourd’hui il annonce urbi et orbi lancer (avec le ministère de la Santé) une nouvelle campagne publicitaire. On appréciera le style du communiqué de presse :

« La campagne, prévue le 27 février en presse (sic) et le 12 mars en télévision (re-sic) , porte le message suivant : «le cancer colorectal, le dépister à temps peut vous sauver la vie ». Elle concentre son message sur le caractère meurtrier de ce cancer, qui se développe souvent sans symptôme et reste méconnu. La campagne rappelle que détecté tôt, un cancer se guérit dans 9 cas sur 10. La création publicitaire utilise un ton direct et informatif autour de l’enjeu (re-re-sic) et rappelle l’importance de se faire dépister dès 50 ans. 

« Le spot TV, programmé à partir du 12 mars sur les chaînes nationales et thématiques, évoquera à la fois la dangerosité de ce cancer et l’intérêt du dépistage. A découvrir bientôt. »

Facture de 483 euros

Autre message publicitaire à venir avec les  prochains Colon Days (pilotés par le Conseil national professionnel d’hépatogastroentérologie avec le soutien de nombreuses entreprises privées) : « Attention, vous êtes peut-être assis sur un cancer ! ».  Aucun commentaire.

On connaît l’argumentaire et la proposition faite à dix-sept millions de femmes et d’hommes, âgés de 50 à 74 ans, à parler tous les deux ans du dépistage du cancer colorectal avec leur médecin. « Celui-ci vérifie si son patient ne présente pas de risque particulier nécessitant un suivi adapté, puis lui remet le test de dépistage à faire chez soi, explique l’INCA. Le dépistage permet en effet de détecter un éventuel cancer colorectal à un stade précoce : les traitements pour le soigner seront alors moins lourds, les chances de guérison meilleures et les éventuelles séquelles moins invalidantes. Grâce au dépistage, il est aussi possible de repérer un polype et de le retirer avant qu’il n’évolue en cancer.

On sait aussi que certains développent des arguments circonstanciés pour conclure à l’inutilité voire à la dangerosité de telles campagnes de dépistage systématiques. N’entrons pas dans cette polémique et restons sur l’entreprise financée sur deniers publics. Pour résumer l’INCA fait appel à la créativité publicitaire pour, via ses supports « presse » et « télévision », inciter les plus de 50 ans à « parler dépistage du cancer colorectal » avec leur médecin. Où l’on voit que la publicité vient contrecarrer la logique soignante la plus élémentaire. Sans même parler du rapport coût-bénéfices des opérations publicitaires récurrentes.

Mais il faut aujourd’hui ajouter un autre élément, conséquence d’une autre forme, gratuite, de publicité-promotion médiatique. Que répondra l’INCA à celles et ceux qui, ayant appris qu’il existe un test ISET effectué à partir d’une simple prise de sang croiront pouvoir le préférer à celui, officiel, d’un maniement plus complexe ? On rappellera que le premier est facturé (hors consultation médicale) 486 euros tandis que le second est pris en charge par la collectivité solidaire.

A demain

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