Avant l’enfer du post-antibiotiques, l’Organisation Mondiale de la Santé prêche dans le désert

Bonjour

Quels sont, aujourd’hui, les noms de nos pires ennemis ?  Acinetobacter baumannii, Pseudomonas aeruginosa, et toutes les entérobactéries résistance aux carbapénèmes. Qui sont ceux qui suivront ? Enterococcus fæcium, Staphylococcus aureus, Helicobacter pylori, Campylobacter spp., Salmonella, Neisseria gonorrhoeae. Et après, pour ceux qui seront encore là ? Streptococcus pneumoniae, Haemophilus influenzae, Shigella spp.,

L’Organisation mondiale de la santé a, lundi 27 février, publié la liste des familles de bactéries contre lesquelles elle juge urgent de développer de nouveaux antibiotiques en raison des risques que fait peser leur résistance aux traitements actuels. Adoptant sa posture traditionnelle l’OMS souhaite « orienter » et « promouvoir la recherche-développement de nouveaux antibiotiques ». Que ne le fait-elle ? L’organe des Nations-Unies aimerait empêcher la résurgence de maladies infectieuses incurables. Qui ne le voudrait ?

« La résistance aux antibiotiques augmente et nous épuisons rapidement nos options thérapeutiques. Si on laisse faire le marché, les nouveaux antibiotiques dont nous avons le besoin le plus urgent ne seront pas mis au point à temps », prévient le Dr Marie-Paule Kieny, sous-directrice générale à l’OMS pour les systèmes de santé et l’innovation. C’est là une alerte dont on aimerait pouvoir tenir compte. Mais la « sous-directrice générale de l’OMS pour l’innovation » a oublié de nous dire comment on ne laisse pas faire le marché.

Rituel diplomatique

La nouvelle liste des bactéries « super-résistantes prioritaires » ? « Cette liste est un nouvel outil pour veiller à ce que la recherche-développement réponde aux besoins urgents de la santé publique », indique le Dr Kieny. On peine à comprendre le raisonnement de la sous-directrice. La publication de cette liste, évoquée par la BBC, est aussi une manière d’attirer l’attention sur un rituel diplomatique : le ballet des rencontres placées à l’agenda du G 20 cette année présidé par l’Allemagne.

Dans ce cadre des « experts de la santé » vont se réunir à Berlin. « Nous avons besoin d’antibiotiques efficaces pour nos systèmes de santé et nous devons prendre des mesures communes pour un avenir en meilleure santé, a déclaré Hermann Gröhe, ministre fédéral allemand de la Santé. C’est pourquoi, nous allons discuter et attirer l’attention du G20 sur la lutte contre la résistance aux antimicrobiens. La première liste mondiale de l’OMS sur les agents pathogènes prioritaires est un nouvel outil important pour assurer et orienter la recherche-développement en relation avec les nouveaux antibiotiques. »

Cette fameuse liste a été établie en collaboration avec la division des maladies infectieuses de l’Université de Tübingen (Allemagne) au moyen d’une technique d’analyse décisionnelle multicritère. Le Pr Evelina Tacconelli, chef de la division des maladies infectieuses de cette université : « Si on attend plus longtemps, les problèmes de santé publique vont s’aggraver et auront un impact dramatique sur les soins des patients ».

Pas plus que le Dr Kieny à Genève, le Pr Tacconelli ne nous dit à Tübingen, comment on contraint Big Pharma l’amorale à travailler dans un secteur qui ne l’intéresse pas.

A demain

 

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