Le cannabis est-il en France responsable de «syndromes des vomissements cycliques» ?

Bonjour

S’inquiéter ? C’est une information de Medscape.com (Vincent Bargoin, avec R. Scott Rappold) :  « Cannabis : multiplication des cas de ‘’syndrome des vomissements cycliques’’ ». Où l’on apprend que les services d’urgences du Colorado signalent une forte augmentation des « syndromes des vomissements cycliques » ou « cannabinoid hyperemesis syndrome » (CHS). Une entité réunissant des vomissements intenses et des douleurs abdominales. Tous les patients diagnostiqués aux urgences fument du cannabis quotidiennement, et ce depuis des années.

Jusqu’ici le « syndrome de vomissement cyclique » renvoyait à un tableau assez flou, souvent pédiatrique, empruntant à la migraine et aux mystères du tube digestif. « Aucune explication n’est avancée à ce jour quant au mécanisme, précise Medscape. Mais de nombreux médecins incriminent le cannabis aujourd’hui produit industriellement aux Etats-Unis, dont les taux de THC sont nettement plus élevés qu’à l’époque de la fumette en cachette. »

Herbe récréative

Les auteurs nous fournissent ici une bibliographie actualisée : le premier signalement du syndrome remonte à 2004, à partir de cas observés en Australie. Aux Etats-Unis, un premier cas a été décrit en 2009 , puis l’affaire a pris de l’importance en 2015, avec la publication d’une étude de l’université du Colorado montrant un doublement de la prévalence du syndrome des vomissements cycliques aux urgences entre 2009 – date de légalisation du cannabis médical au Colorado –  et 2011. Avant, en 2012, de passer à la légalisation de l’usage récréatif.

Dans Medscape International Kennon J.Heard (Service de toxicologie médicale, Université du Colorado) déclare recevoir quotidiennement ou presque des cas de CHS, entité vient d’être incluse dans les rapports médicaux sur l’impact de la légalisation du cannabis. En Arizona, en Oregon et au Canada, des augmentations du nombre de cas de CHS sont également signalés.

Halopéridol

Pour autant aucune idée de la prévalence exacte ni de la cause première exacte. Une hypothèse, toutefois, prévaut. « Les gens fument de l’herbe depuis longtemps, mais la diffusion à grande échelle d’un cannabis très puissant est un phénomène récent », souligne Eric Lavonas, qui dirige les urgences du Denver Health Medical Center. « Avant la légalisation, le cannabis poussait dans les champs, et il était vendu localement. Maintenant, le cannabis s’achète en dispensaire, et il est beaucoup plus puissant que ce que l’on trouvait il y a vingt ans ». Où l’on voit qu’en matière d’addiction les lois du marché ne sont pas toujours compatibles avec la réduction des risques.

Utilisé depuis soixante ans dans d’autres indications l’halopéridol pourrait, ici, être utile dans la prise en charge en urgence.

A demain

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