Cigarette électronique: l’absence de tableau de bord national est un déni politique et sanitaire

 

Bonjour

Paradoxe ou pas, c’est sur le site des buralistes que l’on trouve, parfois, de bonnes questions de santé publique. Comme celle de l’absence d’un véritable tableau de bord sur la cigarette électronique.  C’est une question essentielle, régulièrement oubliée, qui renaît à la lecture des quelques données publiées dans le dernier rapport annuel de l’Observatoire français des Drogues et Toxicomanies :  « Tabagisme et arrêt du tabac en 2016 » (Aurélie Lermenier-Jeannet). Extraits :

 « Le marché de la cigarette électronique, qui avait connu une croissance exponentielle depuis 2012, semblait marquer le pas en 2015. En 2016, selon les professionnels de la vape, le nombre de fermetures de boutiques spécialisées a reculé (400 contre 677 en 2015) mais il y a aussi eu moins d’ouvertures de nouvelles enseignes (229 contre 400 en 2015) : on assiste ainsi à une baisse de 6 % du nombre des points de vente spécifiquement dédiés à la cigarette électronique (numéro 17 de PGVG Magazine – janvier/février 2017).

 « Si ce recul apparaît moins important qu’en 2015, le marché ne semble pas encore totalement stabilisé. Il y a en France métropolitaine une boutique spécialisée pour 20 000 à 30 000 habitants, contre un bureau de tabac pour 2 600 habitants environ. Néanmoins, le marché ne se résume pas à ces seules boutiques puisque des marques sont vendues uniquement au sein du réseau buraliste (notamment celles initiées ou rachetées par les industriels du tabac) et l’offre s’avère importante sur Internet, particulièrement en termes de e-liquides. »

 Conditions artisanales

Où l’on voit dans quelles conditions, plus qu’artisanales, un organisme aussi officiel et centralisé que l’OFDT cherche à prendre la mesure d’une activité devenue un poids lourd dans le champ de la réduction des risques sanitaires. Et il en va de même pour l’usage où l’auteure doit, sur l’essentiel, user du conditionnel :

« Concernant les prévalences d’usage, d’après les résultats du Baromètre cancer 2015, la cigarette électronique est utilisée par 4 % des Français âgés de 15 à 75 ans (en recul par rapport à 2014), dont 3 % quotidiennement (4 % des hommes et 2 % des femmes). La part des usagers quotidiens au sein des vapoteurs actuels a ainsi augmenté par rapport à 2014 (Baromètre santé 2014 de l’INPES), passant de la moitié aux trois quarts. Par ailleurs, sept vapoteurs actuels sur dix sont aussi fumeurs de tabac contre 83 % en 2014, au profit des anciens fumeurs (26 % contre 15 %).

 « On assisterait donc à une « fidélisation » des vapoteurs à cet usage, avec moins de nouveaux expérimentateurs mais plus d’usagers quotidiens et exclusifs de la cigarette électronique, plaidant pour un outil qui constituerait un moyen efficace d’arrêter, au moins momentanément, de fumer. Parmi les adolescents, selon l’enquête ESPAD 2015, un lycéen sur trois (35 %) déclare avoir utilisé une e-cigarette au moins une fois au cours de sa vie (39 % des garçons et 31 % des filles) mais seuls 4 % l’ont fait sans jamais avoir fumé de tabac. Contrairement au tabac, son usage ne progresse pas entre la classe de 2de et la Terminale, laissant penser qu’il s’agit plutôt d’un objet de curiosité, bien que le lien entre consommation de tabac et vapotage soit fort puisque 45 % des lycéens vapoteurs fument quotidiennement. »

Statistiques mensuelles

Le site des buralistes rappelle que la Fédération interprofessionnelle de la Vape (Fivape) regrette le manque d’évaluation de l’impact de la vape sur le tabagisme et avait demandé, à l’heure de l’entrée en vigueur du paquet neutre, l’établissement de statistiques mensuelles de la consommation des produits du tabac et de la vape.

Le constat est simple. Des études prospectives n’ont pas, en temps et en heure, été mises en place par les autorités sanitaires pour cerner au mieux l’innocuité et l’efficacité de la cigarette électronique face au fléau du tabagisme. De la même manière rien n’est fait pour se doter des outils de surveillance épidémiologique de ce mouvement spontané de réduction des risques. Il y a là, au minimum, un même déni, politique. Et il reste à en saisir le pourquoi.

A demain

 

 

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