Polémique sur la psychanalyse et la pédopsychiatrie : précisions de Bruno Fallissard

Bonjour

Evoquant le cri d’alarme lancé il y a quelques jours dans les colonnes du Monde quant à l’avenir de la pédopsychiatrie en France, nous ne pensions pas réactiver la vieille querelle centrée (pour résumer) sur la place de la psychanalyse au sein de cette discipline. C’était une erreur.

Plusieurs critiques nous ont ainsi été faites expliquant en substance que la tribune du Pr Bruno Fallissard 1 était une forme de plaidoyer à peine masqué en faveur de l’usage des approches psychanalytique dans le champ de la pédopsychiatrie – et notamment dans la prise en charge des personnes souffrant de syndromes autistiques. Ces critiques ad hominem nous ont conduit à demander à l’auteur s’il souhaitait, sur ce thème, apporter des précisions. Les voici :

« A vrai dire il faut hésiter entre la tristesse de voir qu’aujourd’hui, encore plus qu’avant semble-t-il, tout et n’importe quoi ressort inlassablement. Et puis, plus raisonnablement, il faut accepter que les choses soient comme elles sont et que tout le monde a le droit de s’exprimer.

Alors venons-en aux faits. Je ne suis pas psychanalyste Je n’ai pas suivi d’analyse. Personne dans ma famille n’est psychanalyste ni n’a été en analyse. Mon activité clinique est dans le service de pédopsychiatrie de l’Hôpital Robert Debré, connu pour ses positions non, voire antipsychanalytiques. Dans mon papier j’ai essayé de peser avec précaution tous les mots que j’utilisais : 

« Pour s’occuper de ces patients, il faut à l’évidence des médecins, médecins formés non seulement à l’étude du fonctionnement du cerveau, mais aussi à la psychologie, à la systémique familiale et, avant tout, à la clinique pédopsychiatrique. »

Je ne parle jamais de psychanalyse, et je mets en avant le fait de devoir connaître le fonctionnement du cerveau (bien sûr). Mais aussi, et on l’oublie souvent, de la systémique, tellement importante en pédopsychiatrie. Et j’aurais pu parler de la phénoménologie, tellement importante aussi. Mais tout le monde ne voit là que des arrières pensée psychanalytiques…

 Alors, du coup, effectivement il y a de quoi partir en croisade contre cette pensée anti-psychanalytique folle. Et c’est ce que je fais de temps en temps, parce que je pense qu’il faut le faire. 

La psychanalyse est une discipline respectable, passionnante sur un plan théorique et utile aux patients comme l’ont montré de nombreuses études randomisées. Voilà tout. »

 A demain

1 Bruno Falissard est directeur du Centre de Recherche en Epidemiologie et Santé des Populations (Maison de Solenn, Paris) et président de l’International Association for Child and Adolescent Psychiatry and Allied Professions (Iacapap)

 

Une réflexion sur “Polémique sur la psychanalyse et la pédopsychiatrie : précisions de Bruno Fallissard

  1. Bonjour, je suis psychiatre anti-psychanalyste. J’exerce en région rurale et en secteur II avec moins de 10 % de patients avec dépassement d’honoraires. Les psy du CMP pour enfants local même plus jeunes que moi ( 52 ans), sont infichus de faire des bilans de dépistage de précocité intellectuelle, TDAH et troubles autistiques (« c’est à la mode » disent-ils) même en les voyant chaque semaine Je dois adresser les enfants que je suis au CHU régional pour justifier ma démarche de soins et de traitement afin que les parents en soient pas considérées comme malfaisants et se voient infliger des enquêtes sociales pour « information préoccupante » aux conseils départementaux, voire se faire retirer leurs enfants pour maltraitance. Traiter avec de la RITALINE ou RISPERDAL (à dose adapté et surveillée) est une injure pour certains, même si l’enfant va mieux au domicile et suit mieux à l’école.
    La pensée psychanalytique est un sectarisme, un mythe égal à la phrénologie ( » la bosse des maths »), l’astrologie, ou l’ostéopathie.
    Cela a fait croire qu’il suffisait de parler pour éliminer dépression, schizophrénie, autisme , toxicomanie… Les esprits ont été intoxiqués en 50 ans par la culture psychanalytiques largement médiatisé encore aujourd’hui. Les psy est un oracle, un devin, celui qui règle « tout » e l’encopresie aux phobies des devoirs, de la céphalée chronique aux chagrins d’amour , couteau de la pathologie incomprise ou négligée…
    Des patients viennent me voir pour faire un « travail » mais ils ont des troubles thyroïdiens, inflammatoires chroniques, des troubles du sommeil, de la fibromyalgie, survolées apr d’autres car c’est « psy » … Ils comptent pour certains « guérir » sur le divan ( que je n’ai pas) et sans médicaments. Certains viennent me voir pour parler de leurs « complexes » ( troubles anxieux réductibles avec Prozac ou Seroplex) ou bien colopathie fonctionnelle ( je donne des probiotiques et des fibres alimentaire avec du Zinc).

    Je n’ai eu AUCUNE formation scientifique au métier que j’exerce présentement. Je me croyais admis en astronomie mais j’ai eu une formation d’astrologue.
    J’ai travaille 4 ans en services de psychiatrie comme interne , j’ai été gardien ou médecin généraliste des personnes hospitalisées le plus souvent. J’ai la déréliction des autistes adultes en service de « défectologie », asile de l’asile.
    Les psychiatres de ma génération ne surveillent que rarement les conséquences métaboliques ( diabète, troubles de poids, voire génétiques des traitements qu’ils prescrivent, ils se croient détaché du corps ( et on prescrit du DEPAKOTE à une femme enceinte) et refusent le DSM ou la CIM 10.
    Détachés aussi des obligations de formation « aux données acquises de la science ». Les revues des syndicats de psychiatres publics et privés ne parlent que de psychanalyse pb de génération !) mais pas des TCC , l’ EMDR, des traitements pharmacologiques, des actualités des neurosciences ; en revanche, nous avons droit ad libitam aux congrès d’un hôpital de fond de canton sur « autisme et psychanalyse » ou la « psychothérapie institutionnelle » (inventée entre 1940 et 1960 et jamais réactualisée). C’est un entre soi de gens du même monde ». La psy
    « àlapapa » c’est fini sauf dans beau pays. C’est triste

    Et même Bruno Falissard que je respecte ici dans ces propos que je partage essentiellement sur le soin à donner aux enfants  »difficiles » ( comme ceux que je croise dans mon activité) essaye de ménager la chèvre et le chou. C’est dommage.

    NB je conseille de lire les livres de Pierre Sans ( cf. Amazon) , psychiatre, qui décrit son parcours et les errances sectaires de certains psy dans les annes 1980 à 2010 et son « chemin de Damas » en matière d’autisme.

    Bien sincèrement.

    Au fait moi aussi, j’ai fait des psychothérapies et formé à des psychothérapies systémiques

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s