Emmanuel Macron candidat, la symbolique électronique du prix du tabac et autres blablas

 

Bonjour

Dans le dernier numéro du Point notre confrère et ami Pierre-Antoine Delhommais consacre sa chronique économique au « ‘’Coût’’ de tabac d’Emmanuel Macron ». Il rappelle que le candidat de la politique-mystique, s’il est élu, a fait la promesse (sur RTL) d’augmenter de plus de 40% le prix du paquet de cigarettes. Il s’agit pour lui de porter l’objet de cette addiction à « une frontière symbolique, significative et dissuasive ». Où l’on retrouve les éléments de langage qu’affectionne l’ancien locataire de L’Elysée et de Bercy réunis.

Pas de plus beau sujet politique que le tabac quand on veut parler de santé et de prévention (80 000 morts prématurées par an, première cause de morts évitables). On se souvient peut-être qu’Emmanuel Macron était secrétaire général adjoint de la Présidence de la République française lorsque François Hollande lança, le 4 février 2014, un Programme national de réduction du tabagisme. Et qu’il était ministre de l’Economie quand Marisol Touraine tenta de le mettre en œuvre- contre la volonté des ministères de Bercy opposés à une augmentation des prix.

Dépendant avant emploi

Pour sa part Pierre-Antoine Delhommais nous donne des chiffres sur les liens étroits qui existent entre chômage et consommation de tabac. « Pa le traumatisme psychologique et social qu’il provoque, la dépréciation de soi qu’il entraîne et le stress qu’il génère, le chômage favorise l’addiction à toutes sortes de drogue, en particulier le tabac », écrit-il, fort justement. En 2014 : 30 % de fumeurs chez les travailleurs contre plus de 48 % chez les chômeurs. Les sans-emploi de longue durée sont les habitués des buralistes.

« En résumé, écrit Pierre-Antoine Delhommais, le moyen le plus efficace de lutter contre le tabagisme et ses dégâts consiste à faire baisser le chômage. Et non l’inverse, comme le laisse entendre M. Macron. » Est-ce bien certain ? C’est, notamment, faire bien peu de cas de la puissance de l’addiction au tabac et de la proportion qui deviennent dépendant avant même d’avoir trouvé un emploi.

Le chroniqueur du Point rappelle que les taxes sur alcools et tabac rapportent chaque année une quinzaine de milliards d’euros (trois fois plus que l’ISF) : « les impôts sur les pauvres rapportent plus que les impôts sur les riches ». Et il en tire la conclusion qu’augmenter massivement le prix des cigarettes n’est pas une mesure « de gauche » dans le sens où c’est pénaliser les plus défavorisés : « des personnes ayant des conditions de vie difficiles sont logiquement moins sensibles aux risques de décès prématurés liés au tabagisme ». Il ajoute que certains ménages (10% des plus pauvres) consacrent jusqu’à 25 % de leurs revenus (contre 2% pour les plus aisés).

Sirènes socialistes

Augmenter le paquet de 3 euros équivaut à une augmentation chez le dépendant moyen à une dépense annuelle supplémentaire de plus de 1000 euros. On comprend le raisonnement : parvenir à augmenter drastiquement le prix du tabac (en déjouant les mécanismes pervers des fabricants) serait « un facteur d’accroissement des inégalités sociales ». Mais on comprend aussi que, le chroniqueur nous pardonnera, que ce raisonnement ne tient pas.

Il y a, bien évidemment, le coût considérable des dégâts induits par l’addiction au tabac. Il y a l’évidente nécessité politique, sanitaire, éthique de voir un Etat agir contre ce fléau qu’il entretient tout en donnant l’illusion de lutter contre. Des pays qui n’ont pas succombé aux sirènes socialistes (le Royaume-Uni, les Etats-Unis, l’Australie) mènent cette guerre avec des succès croissants. Dans une telle optique l’augmentation massive et constante des prix du tabac n’est que l’un des outils. Il ne prend son véritable sens (politique, sanitaire et éthique) que dans une approche générale de la réduction des risques et une aide multiforme aux personnes victimes de leur addiction. En y intégrant, ce que le quinquennat finissant s’est refusé à faire, la cigarette électronique.

A demain

Une réflexion sur “Emmanuel Macron candidat, la symbolique électronique du prix du tabac et autres blablas

  1. C’est drôle chez vous ce déni que la contrebande existe et que nous sommes déjà champion d’Europe dans ce domaine !! Votre article est du coup incomplet ….

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