Football, alcool et publicité: des politiques préparent la rentrée des grands alcooliers

 

Bonjour

C’est un symptôme, il reste à l’interpréter. L’information est contenue dans un rapport que Le Parisien/Aujourd’hui en France (Ronan Folgoas) a pu consulter. Ce document est l’œuvre de trois sénateurs :  Dominique Bailly (PS, Nord), Jean-Jacques Lozach (PS, Creuse) et Claude Kern (UDI, Bas-Rhin). Un point les réunit : ils sont partisan d’une modification de la loi Evin de manière autoriser la vente d’alcool dans les stades.

« Ils ont, nous dit le quotidien, exploré ces derniers mois les arcanes du football professionnel français par le biais d’une trentaine d’auditions. Leur mission d’information, débouche sur diverses propositions innovantes et sujettes à controverse. Le trio de parlementaires se déclare d’abord en faveur d’une modification de la loi Evin pour ‘’permettre la vente d’alcool dans les stades ainsi que la publicité pour certaines boissons alcoolisées’’. » Nous ne sommes plus, ici, à l’époque de la buvette à l’ombre des vestiaires : la « manne supplémentaire » (sic) pour les clubs professionnels français est estimée entre 30 et 50 M€ annuels.

Logique républicaine

Le Point reprend l’information et fait quelques rappels pratiques. Il est interdit (depuis 1991 et la loi Evin) de distribuer de l’alcool dans les stades, dans les salles d’éducation physique, les gymnases et, plus généralement, dans tous les établissements d’activités physiques et sportives. Or, contrairement à toute logique républicaine, l’alcool (de luxe) peut couler à flots dans les loges et les salons des stades dès lors que ces espaces bénéficient des autorisations liées à la restauration.

Les clubs disposent également de dix dérogations par an, accordées par le maire ou le préfet, pour vendre des boissons alcoolisées dans tout le stade si la demande est formulée par son association (un club est une entité scindée en deux : une entreprise et une association). Diverses observations montrent que cette réglementation peut être contournée. Reste l’essentiel, parfaitement compris par les gros bonnets de la Ligue de football professionnelle : l’affichage des publicités qui pourraient être associées aux droits financiers des retransmissions télévisées.

Bière et convivialité

Mais, sans doute pour noyer le poisson, on s’attache à traiter d’autre sujets. A commencer par la sécurité et la nécessaire maîtrise des hordes de supporters éméchés.  Faux problème répond-on puisqu’aujourd’hui, pour contourner cette loi, de nombreux supporters boivent massivement en dehors du stade avant le match. Ainsi Arnaud Rouger, directeur des activités sportives de la Ligue dans Le Parisien  : « Ce n’est pas parce que vous vendez de la bière qu’il y a plus d’insécurité. Au contraire, jusqu’ici, certains spectateurs consomment en quantité avant de venir et arrivent complètement ivres, parce qu’ils savent qu’ils ne pourront pas boire à l’intérieur de l’enceinte. » Quant à Mathieu Ficot, directeur du développement économique de la Ligue, il assurait dans les colonnes de L’Equipe en avril 2016 que la bière « renforce le côté convivial de la soirée ».

Où l’on voit la complexité que peut, ici, revêtir le concept de convivialité.

A demain

 

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