Politique : que faire pour que la France ne soit plus sous benzodiazépines-somnifères ?

 

Bonjour

C’est, aussi, une question politique : pourquoi la France consomme-t-elle autant de benzodiazépines ? Depuis un demi-siècle ces molécules agissent sur le système nerveux central humain. Elles sont indiquées dans le traitement de l’anxiété et celui des troubles sévères du sommeil. Vingt benzodiazépines (et apparentés) sont actuellement commercialisées et très largement consommées en France 1. On dispose aujourd’hui, grâce à l’ANSM,  d’un nouvel éclairage chiffré sur ce phénomène.

En 2015 plus de 13% de la population française a consommé, au moins une fois, une benzodiazépine. La France se situe derrière l’Espagne au 2ème rang de la consommation des benzodiazépines en Europe.  Soit, cette année-là, un marché de 64,6 millions de boîtes de benzodiazépines anxiolytiques et de 46,1 millions de boîtes d’hypnotiques. Ce sont les femmes qui consomment le plus de benzodiazépines, quel que soit l’âge. Cette prévalence augmente avec l’âge et est la plus importante chez les femmes de plus de 80 ans.

Généralistes

La proportion de français ayant débuté un traitement par benzodiazépines (quelle que soit l’indication) est de 5,4%. Elle est restée stable entre les années 2012 et 2014 pour les benzodiazépines anxiolytiques, mais a en revanche légèrement diminué pour les benzodiazépines hypnotiques. L’âge médian des nouveaux utilisateurs de benzodiazépines (anxiolytiques et hypnotiques) est de 49 ans.

En pratique les traitements sont prescrits par un médecin généraliste dans environ 82 % des cas. Entre 2012 et 2014, 15% des nouveaux utilisateurs « ont eu un premier épisode de traitement d’une durée non conforme avec les recommandations » –  parmi lesquels environ 2% de plus d’un an.

L’ANSM veut voir son verre plus plein que vide. Elle observe « une diminution modérée de la consommation » depuis ces trois dernières années. Mais rien qui justifierait d’applaudir. « Le nombre de français consommant une benzodiazépine reste encore trop élevé, en particulier chez les plus de 65 ans. Aussi, demeure-t-il nécessaire de continuer à mobiliser l’ensemble des professionnels de santé et de renforcer l’information des patients sur les risques liés aux benzodiazépines tout en gardant à l’esprit que, bien utilisées, elles sont des médicaments indispensables dans l’arsenal thérapeutique. »

Anxiété et mal dormir

Bien utilisées ? Les dernières données de pharmacovigilance confirment le profil de risque déjà connu de ces médicaments. Un quart des effets indésirables graves déclarés avec les benzodiazépines sont des affections du système nerveux (somnolence, comas, convulsions voire, plus rarement, amnésies). Suivent des affections psychiatriques (états confusionnels). Et quel que soit l’âge, l’usage des benzodiazépines expose à un risque d’abus et de dépendance physique et psychique avec un syndrome de sevrage à l’arrêt. « Les benzodiazépines sont les substances les plus impliquées dans la soumission chimique » ajoute l’ANSM.

La consommation de benzodiazépines expose également à une augmentation du risque d’accidents de la route, ce risque étant multiplié par huit en cas de consommation concomitante avec de l’alcool. Toutes les benzodiazépines sont désormais classées en « niveau trois » de danger depuis le 13 mars dernier : incompatibilité majeure avec la conduite automobile.

Que faire ? « Poursuivre les efforts, en lien avec les professionnels de santé, et en améliorant l’information des patients et du grand public » répond l’ANSM qui va « poursuivre ses actions pour renforcer le bon usage de ces médicaments ». Sans doute. Mais encore ? Que prescrire en lieu et place d’une benzodiazépine dans le cabinet d’un généraliste ? Comment comprendre cette consommation massive à l’échelon de la population ? Qui ne voit, à cette échelle, que l’anxiété et le mal dormir sont, aussi et surtout, des sujets politiques ? Et qui ne voit que le politique est, ici aussi, comme impuissant ?

A demain

1 Les benzodiazépines les plus consommées en France sont l’alprazolam (Xanax), le zolpidem (Stilnox) et le bromozépam (Lexomil).

3 réflexions sur “Politique : que faire pour que la France ne soit plus sous benzodiazépines-somnifères ?

  1. Je viens d arrêter l alcool je viens de fêter mon 5 ème mois .
    Je suis sous traitement
    Je prends 0 . 50 mg de Xanax par jour et 20 mg de Seroplex par jour .
    J aimerais savoir ce que vous en pensez ?
    Isabelle

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