Médicaments, argent, publicité. Comment peut-on encore être visiteur médical en France ?

 

Bonjour

Dans le jargon officiel on écrit « activité des laboratoires pharmaceutiques visant à la promotion de médicaments auprès des professionnels de santé ». D’autres parlent des « visiteurs médicaux ». Pour combien de temps encore ? La Haute Autorité de Santé (HAS) vient d’annoncer, les concernant, un ensemble de mesures qui autorisent à poser, aujourd’hui, la question.

C’est là une vieille affaire aux confins de la publicité, des conflits d’intérêts et de l’éthique médicale. Depuis 2004 (et après des décennies de laxisme) l’activité des laboratoires pharmaceutiques « visant à la promotion de médicaments auprès des professionnels de santé » doit être certifiée conformément à un référentiel de la Haute Autorité de Santé. Ce n’était pas assez : voici que ce référentiel est aujourd’hui actualisé. Comprendre que ses règles sont étendues à « toute forme d’action promotionnelle », « à tous ses acteurs », et qu’elles sont « renforcées » en termes de « contenu des messages » et « d’organisation des visites ». Mieux encore : la HAS évaluera d’ici la fin de l’année, une analyse de l’impact des pratiques promotionnelles des laboratoires sur les prescriptions des professionnels de santé.

Sous-traitants missionnés

Depuis treize ans la charte définissait les principes déontologiques à respecter : « interdiction des cadeaux et avantages,… ».  Aujourd’hui l’actualisation décrit l’organisation à mettre en place par le laboratoire, et les conditions pratiques en matière de promotion des médicaments par démarchage, tant en ville (cabinets, dispensaires, pharmacies, …) que dans les établissements de santé.

En clair, toutes les activités de promotion sont visées, et ce quelle qu’en soit la forme (par téléphone ou courriel par exemple, et non plus uniquement en face à face) ou le lieu (partout où un échange peut se faire et non plus seulement sur le lieu d’exercice du professionnel). Mieux : tous les professionnels de santé prescrivant, utilisant ou dispensant des médicaments sont concernés –  et non plus uniquement les médecins, pharmaciens et infirmiers hospitaliers. Et les contraintes dépassent même les seuls « visiteurs médicaux » pour viser les personnes pouvant faire de la promotion « même occasionnellement » ou des « sous-traitants missionnés par les laboratoires » (sic).

Pour parfaire l’ensemble la HAS annonce qu’elle ira plus loin en évaluant l’efficacité des nouvelles règles. S’informer sur le médicament ? La HAS fait aussi concurrence aux visiteurs médicaux et autres démarcheurs masqués : elle met aussi à disposition de tous une « information indépendante et de référence » sur les produits de santé, notamment via la base de données publique des médicaments 1. Des « visiteurs médicaux » ? Pour combien de temps ?

A demain

1 Précision: la HAS oublie de mentionner que cette base de données publique des médicaments est, en pratique, mise en œuvre par l’ANSM en liaison avec la HAS et l’Assurance maladie.

Une réflexion sur “Médicaments, argent, publicité. Comment peut-on encore être visiteur médical en France ?

  1. A reblogué ceci sur Boycottet a ajouté:
    prostitution bien volontaire … proxénétisme de connivence … un vrai système qui fonctionne particulièrement bien … mais, jusque a quand ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s