Alzheimer : quelques dollars et vous pourrez savoir si vous êtes génétiquement prédisposé

Bonjour

Triomphe du marché et inquiétante première : la FDA américaine vient d’autoriser l’entreprise 23andMe à proposer directement aux consommateurs des tests génétiques de prédisposition à dix pathologies. Coût : 199 dollars. Un échantillon salivaire. Résultat en six à huit semaines.

L’affaire est notamment développée dans The New York Times : « F.D.A. Will Allow 23andMe to Sell Genetic Tests for Disease Risk to Consumers ». S’ouvrent ainsi à ce marché hautement controversé : la maladie de Parkinson, la maladie d’Alzheimer, la maladie cœliaque, le déficit en alpha-1 antitrypsine, la dystonie musculaire, la déficience en facteur XI, la maladie de Gaucher de type 1, le déficit en glucose-6-phosphate déshydrogénase, l’hémochromatose héréditaire et la thrombophilie héréditaire.

La décision de la FDA est d’autant plus surprenante que cette puissante agence s’était opposée il y a peu à la commercialisation de ces tests.  Fin 2013 elle avait reproché à 23andMe (célèbre firme fondée par Anne Wojcicki, ancienne compagne de Sergei Brin, cofondateur de Google), de se livrer à une publicité mensongère. La firme avait alors fait marche arrière. Trois ans plus tard la fiabilité semble acceptable et un accord commercial et réglementaire a été trouvé.

Aucune certitude

Loin des critiques éthiques pouvant être formulées l’agence américaine estiment que ces kits génétiques (utilisables sur échantillons salivaires) devraient permettre à qui le souhaite de renseigner sur ses prédispositions génétiques « et l’aider à prendre des décisions concernant son mode de vie ». « Il est important que le public comprenne que le risque génétique n’est qu’une pièce du puzzle et ne constitue pas la certitude que l’on va développer ou non une pathologie », précise le Dr Jeffrey Shuren, l’un des responsables de la FDA.

Le « public » comprendra-t-il les nuances subtiles entre « diagnostic » et « prédisposition », entre « génétique » et « épigénétique » ? Outre-Atlantique les acteurs du marché assurent que oui. La FDA postule que finalement les risques ne sont pas très élevés. Et le site Web de l’entreprise proposera, en option, des liens vers des conseillers génétiques.

« Jusqu’à présent, le seul moyen pour d’obtenir de tels tests génétiques était de voir un professionnel de la santé qui ordonnerait un test et ensuite délivrerait les résultats aux patients. Souvent, les patients devaient consulter un conseiller génétique avant d’avoir un test » précise The New York Times. Mettre de tels tests en vente directe répond sans conteste à la volonté dévorante du marché. Est-ce un progrès ? Qui interdira à des citoyens français d’y avoir accès ?

A demain

3 réflexions sur “Alzheimer : quelques dollars et vous pourrez savoir si vous êtes génétiquement prédisposé

  1. Le marché n’a aucune volonté propre. Ce sont ses acteurs qui en ont une. En l’occurrence, je ne vois pas de quel droit on interdirait aux patients de savoir s’ils ont ou pas une prédisposition à certaines maladies, surtout dans la mesure ou il existe un traitement et une prévention possible. Ceux qui veulent savoir sauront, ceux qui ne veulent pas, ne sauront pas.
    Je ne vois pas ou est le problème.

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